vendredi 1 mai 2020

le masque sentimental

 Passe moi le masque !

L'atelier d'écriture étant en suspend j'ai fait une PROPOSITION :Comme il faut  s'habituer à porter des masques dans plus de circonstances que dans  la vie d'avant
Ecrire une histoire avec MASQUE dans le futur proche
n'en faire qu'à sa tête mais avec un masque ! 

je me suis fait surprendre, cet exercice  est une fiction crée avec quelques éléments réels, et à plusieurs reprises l'idée d'avoir été malade traverse l'esprit des lecteurs, mais je n'en savais rien ... 


création de masques Francine Stentz

Je ne l'ai vue qu'avec un masque.
 Pour m'endormir. Il était en papier bleu clair, elle était debout, avec un groupe autour d'elle tous habillé en blouses vertes claires, sous la lumière d'un plafonnier de dentiste géant. Je patientais le ventre découvert et les poumons en feu. Il faisait froid, retour en position hiver, sur un printemps mal finit. Et je ne l''ai plus vue, d'abord le flou et puis l'absence. 

Je sent ma propre sueur séchée, sueur de chaud et sueur  froide des craintes vécues et imaginées, et des odeurs incorporées et exsudées de produits chimiques légaux qui m'ont été administrés.
Je reçois la première douche attendue avec l'impatience magique d'un renouveau.  Je suis debout et l'eau coule sur mon corps, je regarde cette eau coulée, je suis ému par une telle beauté, cette force qui se met en mouvement, je suis comme sous une belle cascade dans un panorama extraordinaire, et je regarde le carrelage d'une salle de bain d’hôpital. Je me lave et j'ai un peu le vertige.
Je ferme les robinets, et elle était là, je lui ai tendu la main pour sortir de la première douche d'après.
Ce contact humain m'a fait du bien, il avait la force rassurante de l'accompagnement, la grâce d'une danseuse, l’idée d'une danseuse de ballet s'est glissée dans mon sourire. Je me sentais pourtant ours sortant de l'hibernation.
 Je le lui ai dit et ses yeux ont souri. 
Je me suis senti propre et accueilli.

Je l'ai applaudie  tous les soirs, à 20h pendant des mois...

Un samedi matin je l'ai rencontrée au marché, j'ai mis longtemps à comprendre mon trouble c'est la première fois que je la voyais  sans masque. 




L'eau de mon  corps s'est évaporée un peu plus, laissant une peau ridée ; ma barbe est encore plus sel, les cheveux en catogan laissent voir de plus en plus  de surface crânienne. Je me suis réveillé transpirant et tremblant. Des sorcières sont venues dans mon rêve. 
Elles portaient des masques en bois sculptés, avec des dents de cheval plantées de guingois,aussi une chevelure en crinière de cheval, des habits en peau de bête, elles avaient une démarche lourde,des gestes saccadés et elles me poursuivaient en psalmodiant "Tschagatta, Tschagatta....  
L'une d'elle n'avait pas la même sonorité dans ses pas, ceux si ne résonnaient pas pareil dans mes pieds. " épier ça veut dire écouter avec ses pieds" elle courait plus vite que les autres, je la sentait se rapprocher de moi. Elle portait presque le même masque qui ornait la cheminée du chalet des vacances de mon enfance, elle était belle par rapport aux autres sorcières. Elle m'a attrapée, j'ai cru que j'allais défaillir dans le face à face. Elle a sorti un pistolet à prise de température et il s'est allumé en rouge. Je n'étais pas sûr peut-être s'était une peau d'ours qu'elle portait et qui sentait la transpiration de sortie d'hiver. Sous cette peau de bête, elle avait attaché à une ceinture deux balais.
Elle a enlevé le masque de sorcière et c'était l'infirmière.
et dans ma mémoire je garde la sonorité, décor de ballet ou des corps de balais, je ne comprenais pas..

Une blouse est accrochée là depuis quelques mois, une lampe de machine à coudre éclaire du tissus avec motifs en feuilles, en fleurs, en plumes, en loups et en léopards,  des fils et des élastiques.  Elle fabrique des masques en tissus pour se protéger du virus, elle et sa tribu.
Et moi je cherche comment effrayer le virus en me documentant dans des vieilles revues suisses.

Passe moi le masque !

Guy Holder

jeudi 23 avril 2020

promenade de proximité

orchis mâle Steinbach
La Liberté limitée en distance , permet de se concentrer sur se qui se passe en toute proximité de chez soi. Les formes et les couleurs des fleurs, leurs fragilités, leurs élégances est un cadeau pour le promeneur observateur.
Si l'on veut préserver les orchis dans les près, il ne faut pas mettre d'engrais. La venue tardive dans la saison  des ânes sur ce prés,  maintient un beau fleurissement, cette année près d'une centaine de plans se partagent l'espace. Ce qui est curieux, c'est que l'implantation des fleurs se déplace vers le bas du prés, la vigne voisine d'en face du chemin cultivée avec de nombreux produits, chasse t elle les fleurs sauvages sensibles et belles, vers le bas ?
Les cigares "coronas" vous offrent un masque pour l'achat d'une boite de 19
L'agence de l'est fait des promotions pour tester la vie russe
je cherchais mon autorisation de sortie du territoire de la maison...
Dentaires
Nous serons les anciens combattants de la guerre virale :
il y aura des médailles chinoises, j'ai  liste  les vents (remettre de l'ordre), une médaille d'or pour ceux qui ont bossé en taule,
une prime d'argent pour ceux qui ont travaillé en secteur inhospitalier,
un voyage en EHPADISTAN pour les faux résistants
et coiffeur pour tous ! ouf

Lunaires

Fait 10 vers...

J'ai frissonné quant ils sont venus se reposer
sur le même banc, sans s'imposer
alors qu'à la banque ils avaient été,
 chaud ça a été.
Je n'ai rien à dire sur les bandits,
mais des armes ils avaient brandis.
Pour moi diriger les banques ça rapporte,
Plus que cultiver des radis.
Aux policiers je les ai dénoncés
mais, la menace m'a fait mouiller
mon pantalon bien coupé.
Il s'est retrouvé inondé devant les conseillers et les cambrioleurs.
Ils m'ont piraté ma carrière à cause d'un pipi raté.
Je suis sur le banc et ils sont venus se reposer à côté de moi,
je ne me sens pas bien : retour du refoulé sur le pipi raté
j'ai dégringolé sur le banc de la société.





jeudi 16 avril 2020

velouté contesse du Bary

 Avec le blanc d'un poireau, un petit choux fleur, une pomme de terre, un roux blanc, du lait de l'eau du sel et un peu de beurre pour faire suer le poireau. Avec ce velouté on entre dans la gastronomie royale et bourgeoise avec des ingrédients simples.
J'ai sorti les assiettes de la marquise pour ce soir et fait une petite déco avec de la bourrache alba du jardin. Si vous n'en avez pas, vous pouvez faire griller des croûtons au beurre.
Puis Balade en creux, pour rassemblement solitaire dans le ciel du soir;
La foret de Steinbach présente une sorte de gruyère, dû à l'exploitation minière, et des cicatrices dans le relief liées à des traces d'obus. Y croiser des salamandres et des chauves souris est un petit bonheur.
Une galerie taillée à la pointerolle s'enfonce sous la terre et quant l'on se retourne on voit le bout du tunnel.
C'est toujours beaux de vivre cela, comme allégorie de sortie de crise 

paysage dit "vert" Edward Hopper
Coté culture, j'ai beaucoup aimé voyager dans l'uniVERS  d'Hopper, en exposition à la fondation Beyeler. C'est pourquoi je lui fait une allusion visuelle en vert.

Ses tableaux posent questions, quelle est l'histoire qu'il nous raconte...
"tu sembles si loin et si proche à la fois dans l'ordre incertain d'un silence bourgeois voyageuse solitaire entourée de mystère..." je vous invite à découvrir compartiment c voiture 293 Edward Hopper 1938 interrogé par HF Thiefaine dans suppléments de mensonge, à écouter, à lire...


Et si ça vous tente je vous propose d'écrire  votre propre histoire de cette photo :
Une autre manière de voir le confinement: Elle disait  toujours que je sentais trop fort l'alcool et m'a interdit la chambre une fois après une soirée avec mes copains de bureau. Maintenant je suis seul je dors ou je veux. Enfin je crois ça...
L'art et notre rapport à la mort
travail de broderie pour l'aspect esthétique d'un masque de luxe printemps corona
Claude propose d'écrire : fait 10 vers: sur ils sont venus se reposer
Ils sont venus se reposer
sur le dossier d'un banc
dans le parc de Miloussa
si ils avaient été humains
ils auraient dû payer 135 corona,
la monnaie en cours
les humains ont plus qu'un grain;
Se reposer sur un banc devenu libre
Nous sommes les rouges gorges de votre liberté envolée
Question poésie nous mangeons des vers,
et sifflons la mélancolie dans les parcs vides
d'enfants joyeux   
Guy Holder

jeudi 2 avril 2020

pensées de printemps

hépatique de l'Amselkopf

borne Steinbach

Amselkopf  Steinbach

traces de guerre Amselkopf  Steinbach

nettoyer les vitres face à un ennemi transparent
les avis de décès noircissent la réalité
réduire son univers géographique,son espace de rencontre humain, son appétence culturelle, faire face aux manques de produits de vendeurs et producteurs locaux...
devenir créateur d'un espace de vie qui tourne autour de soi, ne pas oublier  l'autre.  le mot Solidarité est revenu. 
compenser la perte de liberté, penser à soi, être enfermé avec soi risque de décompensation...temps de confinement.
La folie est-elle devenue plus compréhensible ?


Chercher le calme et le savourer, réinterroger l'agitation.  Chercher le soleil et s'en laissé caresser.

C'est étrange les personnes qui ne saluent plus ! Comme si la simple parole échangée pourrait être virale.
Se méfier de l'autre, garder des distances, nous sommes devenus les covid 19 potentiels des gens que nous croisons.

les rougeurs de l'hiver 

embrassades végétales

tarte au fromage blanc

vue depuis la salle de bain, je dessine comme je me brosse les dents, mais beaucoup moins souvent 
Dans ma tête il a une barbe blanche, mais surtout une lumière de joie dans les yeux. Cette lumière il l'a partagée.

Il a une barbe blanche et il a travaillé la générosité, avec puissance, endurance et souplesse et une voix assortie. De sa barbe c'est sa voix qui sort, avec cette touche souriante de l'accent du sud.

Avec sa barbe blanche, il a animé de nombreuses soirées :danser, déclamer, raconter et jouer,  et se réjouir de bonheurs simples que nous gardons de l'enfance. Il aimait parler et,  son ton était celui de la générosité et de l'amitié.
"Em Rémès sini Band" la bande de Raymond se formait et il était avec nous comme une force d'entrainement.
Derrière cette barbe blanche, il y a un jeune qui se demande ce qui s'est passé.
Il aura peint, jouer de l'harmonica, parcouru des montagnes à vélo, vu le loup.
Il avait un cœur gros comme ça !

Olé !

Il nous aura chanté "dans mon pays d'Espagne" et puis nous avons aussi repris en chœur bella ciao..... morto per la libertà

mardi 24 mars 2020

L'étrange printemps de mister Covid-19


petites " roses "blanches des sous bois, toujours animées par le vent frais
anémone sylvie ( foret de Steinbach)

caltha des marais, et ses bouquets jaunes luisants sur le ruisseau du vallon (foret de Steinbach) 
Le printemps devrait nous mettre le sourire, le sourire du renouveau...
Il devrait nous pousser dehors et il nous retient dedans.
Ce printemps silencieux conduit au ressassement, à des pensées à demi formées, à dépenser presque rien, il réveille les trucs inachevés et jamais construits, les projets jamais aboutis...
L'absence de rencontre me fait défiler des personnes que je souhaitais rencontrer et que je n'ai jamais interpellées. 
Remettre au lendemain, et puis ça s'envole.
Ne pas pouvoir s'obliger, rester libre de cette part de soi même.
Avec des regrets parfois, mais aussi des joies comme cette part d'ingouvernable qui nous pousse vers une évasion, l'évasion comme une aventure à vélo, à pied, avec des livres, de l'art, de la cuisine, de la musique et des mots.
Faire du feu le soir, préparer une soupe. 

Nous vivons dans un univers allégé des bruits humains, ceux habituels de la circulation, pour la première fois j'ai entendu le bruit de la conduite sportive d'une moto, qui s'est autorisée à enchaîner les lacets de la montée du vieil Armand. Moi qui croyait que les jeux de conduite étaient devenus de plus en plus vraisemblable! Et bien cela ne suffit certainement pas, puisque en ses temps de confinement il faut partager l'ordinateur, avec les gosses, avec le télé-travail...
L'ordinateur ne remplace pas le réel, il l' imite parfois, mais aussi il sert  de moyen de liaison.
Un vent frais caresse ma maison, après avoir refroidi mes oreilles de l'heure de promenade.
J'écoute Harmonium : histoire sans parole. De Pierre et d'Os le roman ethnographique inouït est lu, une aventure s'achève, comme si j'avais une place à leurs cotés, dans la lutte pour survivre, sourire et craindre.

Marcher, aller voir les fleurs avec cette phrase en tête "écouter la folie du sage et la sagesse du fou"

vendredi 20 mars 2020

Comment ça marche un escalier vers soi même ?

poirier du jardin
Mon dernier confinement long, était il y a 55 ans mais j'étais à la mer...
Dans les expériences de huit clos, j'ai vécu quelques expériences d'hospitalisation, quant ça va mieux ont sort, la dernière fois quand je suis revenu avec des béquilles de Thann, je suis passé devant les pompes funèbres.
Aujourd'hui c'est le pronostique vital d'une société qui  est engagé, restrictions et mesures et une part de politique spectacle. Les guichets bancaires ne doivent pas fermer ! Tout le monde n'a pas des milliers d'euros sous le matelas, ou de carte de retrait et de crédit.
Le marché hebdomadaire de Thann, n'a pas pu se tenir, déballage interdit, merde! Cela privilégie encore les centres commerciaux, alors qu'il y avait un regain d’intérêt vers les petits producteurs, les locaux de la vallée et des Vosges.
Pourquoi est ce qu'ont peut acheter une télé à L de Cernay , du matériel de bricolage et des vélos ?     


scrofulaire du printemps  foret de Steinbach






samedi 14 mars 2020

le moment silencieux des premières floraisons

S'enrichir de sensations, de pensées, de rêves et d'expériences vécues...

La plante porte ses bourgeons,emballés pour durer et résister.
Neige et glace peuvent passer.
Avec le réchauffement de saison , l'action de la lumière réveille la force de la vie végétale. La vie végétale sort de sa phase comprimée et concentrée, le bourgeon éclot , ou va éclore.
Le nouveau vert vient.
La poésie du printemps pourrait être fleurie et en vers.
Si le rhume ou la toux vous embête n'hésitez pas à manger des radis, plutôt que de les regarder pousser par la racine, sous l'effet du virus à la mode.
la Doller à Guewenheim
Le silence du printemps était très présent et troublant, la circulation habituellement présente et sonore des véhicules n'était pas là !
La vie humaine paralysée, dans un pays habituellement libre, virus et contraintes se mêlent, s’emmêlent.
perce neige

salade avec sauce ail des ours, la Doller est dans nos assiettes 
Avant d'être confiné, nous sommes passé par Zurich, d'où nous avons ramené quelques échantillons de couleur :
bien sûr il faut aller sur place pour mieux voir les nuances, la matière et les couleurs, mais en forme d'assiette ici on en mangerait presque.
Avec ses"vues à travers une hélice d'avion"
le peintre Delaunay entre dans les temps modernes,
musée de Zurich 
J'ai arrondi un peu la peinture de .Paul Klee.. pour qu'elle fasse série avec celle de Delaunay

samedi 7 mars 2020

retrouver les Alpes autrichiennes enneigées

Nos vacances de ski ne s'annoncent pas dans la certitude de neige suffisante pour skier, la douceur effrayante de l'hiver nous a mordu, autrement que par  la neige et le froid. Au fur et à mesure que les vacances approchent, les conditions météos se précisent. Un ciel chargé est annoncé, pluie ou neige selon l'altitude. Nous arrivons dans la soirée, le village a gardé les tas de neige des déblaiements successifs, les nivéoles sont en fleurs sur la pente la mieux exposée au soleil. Surprise au lever du premier matin  : la neige est venue. Le village de Sibratsgfall, retrouve un manteau blanc. Les corbeaux de l'arbre fruitier devant l'église, s'y distinguent, contraste de facettes sombres qui ressortent.
les corbeaux dans la neige, une mise en valeur esthétique...

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 Nous skierons dans de la neige fraîche, agréable, un peu cotonneuse. Notre activité de plein air nous rend plus attentif au temps qu'il fait. La grisaille du ciel nous laisse plutôt tranquille, une touche de ciel bleu nous enverra quelques signaux optimistes. 
Nous aurons vu du ciel bleu, et c'est reparti pour un temps de pluie à basse altitude, et la neige tombe à nouveau en hauteur, la visibilité est largement réduite. Nous skions au ralenti dans la partie haute de la station et dans la partie basse sous la pluie. Deux heures de lutte contre les éléments  aurons suffi à nous traverser les habits. Fin de la partie, nous avions l'impression d'avoir loué la station pour nous seuls.
La pluie s’arrêtera au moment du retour au village d'altitude, j'ai enfilé un autre pantalon, des chaussures de randonnée et mis les raquettes dans un sac à dos. La neige s'est gorgée d'eau elle devient glissante, le sentier du Rindberg me servira de terrain de découverte pour ce jeux de raquette.
Les nivéoles ressortent de dessous la neige, elles se redressent  gracieuses, la pluie nous les révèle résistantes. 

Nivéoles libérées par la pluie
Retour sans ski vendredi, mais après nos achats de pain, chocolat, bière, fromage, lard, gendarmes, huile de graine de courge, gaufrettes "wanner" et autres subtilités locales...
Pause détour par Zürich, découverte de la Kunsthaus. 
Oeuvres d'Olafur Eliasson

plongée sous marine virtuelle, dans l'oeuvre d'Olafur Eliasson
Ambiance étrange dans cette salle du musée d'art de Zürich, nous sommes en dessous d'une circulation de liquide comme du thé au lait, mais en fait cela serait plutôt du fumigène de spectacle !
Le concert rock sous marin n'est que visuel, le thé au lait qui se mélange au dessus de nos têtes, créé des nuages qui nous éclairent partiellement, le sol est d'une noirceur abyssale.
Nous venons d'une portion d’univers blanc, nous avons suivi la piste la plus noire...