samedi 16 mai 2026

les lézards engourdis

Les vitraux contemporains de l'arc jurassien, sont des points d'attractions pour nos loisirs de temps froid. Surprise du froid revenu, nous avons refait du feu le soir, plusieurs soirs sans discontinuer, et puis depuis quelques jours à nouveau toute la journée. En cherchant les buches stockées sous les escaliers, j'ai dérangé, les lézards engourdis, surpris eux aussi par un froid qui les ankylose. Cette  météo de toussaint, avec des  incursions hivernales, de cette  pluie glacée, sont des prétextes à utiliser  la voiture pour trouver des cieux plus cléments avec des rayons de soleil parfois symboliques.  Un panier à pique nique  bien garni, et hop, en voiture. 

La voiture, c'est pas se mouiller, être bien assis au chaud si nécessaire, se sentir en prise visuelle avec l'extérieur et en sécurité. Cela peut permettre facilement de relier des lieux espacés dans un territoire vaste et montagneux. 

J'envie à la Suisse,  sa région du  Jura pour ce patrimoine récent ( à partir de 1950) de vitraux non figuratifs, ainsi que la publication  d'un carnet et d'une carte avec des lieux "incontournables" et d'autres à découvrir. Ce qui permet d'organiser de beaux parcours.

 

Et toujours des très belles découvertes : travail de dalle de verre coté gauche dans le chœur de l'église de Berlincourt.


Et coté droit une création très proche de forme et de couleur mais inversée. De la lumière est apportée et de la joie. J'y entrevois quelque chose qui évoque un  bouton floral, en tout cas cette recherche et réalisation attire mon regard  comme peut-être une fleur pour l'abeille.



L'entrée de lumière dans  la nef est haute, en forme un bandeau. A partir de la même palette de couleur vive mais  avec des contours bétons parfois plus épais, ils sont  dus à Estève.
 





A Delémont, une église de quartier,  se présente avec un pignon sur rue qui ne la  distingue pas d'une  maison d'habitation, surprise en entrant. Nous sommes absorbés-intégrés dans un univers dans le monde filtré, par la représentation-réalisation de Bréchet, ici une œuvre géante proche et immense.
Bréchet a été élève de Fernand Léger 


Être de plein pied,  capté, englobé dans cette  œuvre, est une sensation très agréable. S'approcher, s'y frotter pour suivre des liens de panneau à panneau, comme je lirais une bande dessinée, m'indique qu'un travail géant a été réalisé là !

Le polyptique, derrière l'autel contraste et  est dû au même artiste : André Bréchet. La représentation  a provoqué chez moi une sensation d'apocalypse, de souffrance, de  lutte, de guerre, de mort. Le polyptique est mis en valeur sur un fond blanc, le mur est rouge. Les œuvres dégagent des sensations qui vont à l'encontre l'une de l'autre un sourire coloré et une inquiétante étrangeté.  

Le mobilier du chœur  autel et lutrin gagnerait à ne pas être couvert par des tissus qui cachent des œuvres si singulières et uniques pour cet ensemble. La force de l'esprit et un air de liberté ont  soufflé ici, ne le voilez pas ! le tissu ne devrait  pas cacher le tissu de contradiction des ambiances  Jardin des délices* (voir l'œuvre de Jérôme Bosch) 


Pour le vin, le rouge est servi dans un verre à hublot, sous marin
nucléaire en remplacement de l'arche de Noé
pour le pain si vous en trouvez , vous avez un couteau,
ou une lame à trois dents !


A l'église de Courtetelle, des vitraux plus figuratifs, et symboliques venaient se refléter sur le
mobile en verre, les couleurs de l'esprit. 


A Courfaivre,  le vitrail contemporain entrera en Suisse, avec un style symboliste abstrait.
Ce que j'aime dans l'œuvre de Fernand Léger c'est la couleur qui raconte une histoire à part, sa propre histoire, souvent hors  contexte et hors contour. Fernand Léger est un artiste à proposer pour des livres de coloriage, pour apprendre à colorier hors champ imposé. Je propose d'y voir un air de liberté, pour reprendre des couleurs..  




Le vin a pris la couleur du raisin, la forme des baies est restée intacte, mais la statue de la liberté a trop bu.


lundi 11 mai 2026

Versant Sud

Nous nous sommes posés, à La Brigue un des trois villages qui a rejoint le territoire français il y a peu. Et de là, de cet environnement montagneux avec les Alpes qui se jettent dans la méditerranée, nous avons randonné, visité chapelles et villages. 
La neige est encore présente et les sommets ont encore blanchi durant notre séjour.
un figuier pousse à partir d'une faille

Nos randonnées n'ont pas été vers des sommets blancs, mais plus vers les territoires qui furent animés par l'agriculture vivrière, et redevenus libres d'exploitation. L'industrialisation et la mécanisation des territoires de montagne étant difficile. Nous sommes heureux de trouver ici des espaces naturels à foison. Tantôt randonner à l'adret, avec le soleil qui nous permet de synthétiser de la vitamine d, et virer sur l'autre versant pour profiter de la fraicheur de l'ombre. Les flores du soleil et de l'ombre ont enrichi et coloré nos déplacements. J'ai porté une attention particulière à la botanique des gorges, nous trouvant dans de nombreux vallons, voir parfois des canyons. Nous nous sommes baladés dans des lieux où l'eau est précieuse, pour lutter contre la déshydratation et soigner cette part de vie, dans cet univers très rocailleux.

Le château de Malmort, une implantation sur un éperon rocheux

 

Sur les chemins muletiers, devenus aujourd'hui sentiers de randonnée, nous bénéficions du travail d'aménagement durable qui a été mené. 



Les maisons de Saorge, Fontan, Tende et La Brigue ainsi que la petite ville de Breuil sont blotties les unes contre les autres, l'étroitesse des ruelles n'y permet pas la circulation des voitures. C'est un plus pour la tranquillité, mais une difficulté pour s'approvisionner. Y gagner une place au soleil, ne semble pas si évident, quelques logements nécessitent  de l'éclairage aux heures du jour 
Retrouver la cyste cotonneuse et ses pétales fripés, un régal visuel.

Mon arrivée à Fanghetto, je passe la frontière italienne le long de la Roya

Le coté rutilant de Menton, la ville plage de proximité contraste fortement, nous avons été contents d'y retrouver Elodie Lou et Léo. Pour la photo avec Menton, Lou et Léo devraient aller sur le E, Roméo et Léandre sur le T.

 

Sur les sentiers le long de la Roya

le pont du coq, à La Brigue

 
les portes de Breuil au bord de la Roya

Randonner dans ces environnements apporte une vision historique, botanique, et  renforce même notre laïcité, aujourd'hui notre monde a plus de réponses et  moins de certitudes liées aux croyances, et moins peur de la mort. 
Je n'ai pas connu la faim, ni  toutes sortes de privations qui rendraient plus facilement mystique. 
Église, monastère, et de très  nombreuses chapelles marquent encore  ses lieux. L'âpreté de l'environnement me préoccupe rétrospectivement, comment les habitants ont pu vivre, se nourrir toute l'année dans ses pentes gagnées sur les rochers, une rudesse montagnarde hivernale et un été caniculaire? 
Ma vision du monde est anormale. J'aime randonner et dérouter. Prendre des chemins inconnus, des raccourcis, mes raccourcis sont pensés comme fulgurant, et  parfois ils le sont, le pendant :c'est qu'ils peuvent aussi être plein de ronces et d'orties dont il faut s'extirper seul.
Lire c'est une randonnée, le chemin est proposé et j'erre. Lire c'est errer, entrelacer des rêves, des fleurs, de l'ombre et de la lumière, des pierres usées par les mulets... 
pont,  vallon de la Bendola
Ce vallon m'a intrigué pour sa nature préservée, ses pentes abruptes, et la forte présence de l'eau qui le rend mystérieux. Partir d'une rive et revenir par l'autre ne parait pas évidant en restant à proximité de  son vallon principal très encaissé. L'aventure ouvre à d'autres aventures.


le gout de la mer à la montagne,
avez vous vue sur mer ?


découvrir à pied, et retrouver des traces de l'Homme
 à la campagne, rêver
de boire du jus de poire maison

suivre les éclosions variées, et la beauté du monde