dimanche 1 février 2026

Comme une inspiration, extension d'après Le Corbusier


 Un chœur en étrave de bateau, un toit en vague...sur les hauteurs d'une colline du Jura, une chapelle singulière avec un style épuré. Elle est à la frontière entre village, champs et zone naturelle. J'aime bien l'idée que les créations de Le Corbusier aient fait des petits.

Mormont en Suisse, chapelle Saint Nicolas de Flüe


Des mosaïques qui deviennent des vitraux une fois dedans, la lumière entre par cette peau...


Des ouvertures à partir de "conduits en béton" qui captent la lumière à des moments différents, la dalle de verre plus ou moins reculée, plus ou moins inclinée, chaque ouverture est solitaire et l'ensemble est flamboyant. 

J'ai adoré ce travail de colorisation de la lumière qui éclaire cette chapelle habillée de blanc. André Brechet met du sourire à cette lumière. Un rideau de nuances de bleu accompagne mon entrée. Je me tourne vers la source et découvre les 3 mosaïques-vitraux  de cette chapelle, elles racontent une histoire, comme  trois tableaux qui  forment une belle unité.  

Notre pique nique est agrémenté d'un sauce chien :des légumes coupés en tout petit et du piment, les couleurs et le feu, dans un rayon de soleil, puis de magnifiques nuages. 
Suite, pour notre ballade à Porrentruy, un rond point accueil un dinosaure qui a du mal à y être contenu tant il est géant. Nous traverserons le parc botanique, avant de chercher les vitraux suivants..


Assis sur un banc, nous ne sommes jamais solitaire, l'esprit de la forêt est aussi venu s'assoir à coté de Francine. 



Courbes et contre courbes, et de la couleur rouge toujours présente, nous sommes passé de l'église centrale, à la chapelle de l'hôpital. J'ai aimé que les esquisses soient affichées, avant de voir la réalisation en dalle de verre depuis l'intérieur.

esquisse taille réelle, Jean François Comment


Une laie et quatre marcassins sur un pont en pleine ville, les sangliers envahissent-ils aussi Porrentruy ? 

dimanche 25 janvier 2026

Les poireaux sur le sac à dos

vue sur la mer
Les hauteurs vosgiennes nous accueillent. Sur la crête, la voiture est garée et nous quittons ce monde encore fortement guidé par la conduite automobile. La mer de nuage est en dessous de nous.  Nos sacs à dos sont bien calés, bien chargés. Nous emmenons de quoi assurer un peu de confort personnel  et aussi du confort alimentaire. Dès les premiers pas nous nous déconnectons de la civilisation.
 Les poireaux rangés en fagot, et visible sur le haut du sac à dos,  font de Jules notre porte étendard.  Une heure de marche pour rejoindre le refuge.

Des étendues de ciel bleu s'offrent à nous. Nous nous sommes extraits du gris. Nous emmagasinons des rayons de soleil, cette lumière nous donne le sourire.
La neige parsème chichement quelques zones exposées, les versants à l'ombre sont  un peu mieux garnis. La hêtraie d'altitude s'éclaircit par une prairie, et cachée parmi les arbres, une construction rustique et isolée. Des sculptures de personnages satiriques, proposent un lien entre l'imaginaire et le réel.
Le refuge est chauffé, depuis une journée déjà, et c'est une transition agréable malgré la buée sur les lunettes.
 


La préparation de la soupe, va  rassembler et liquider les legumes emportés pour  les mettre en cuisson douce, une soupe mijotée pour le repas du lendemain  midi.
Repas et jeux de société,  voilà  le programme des festivités, et le lendemain randonnée. Un beau circuit avec comme  destination le col du Haag, se propose  à nous.  Le festival gastronomique des fourneaux à bois fait salon ce dimanche avec cette soupe de refuge***
La beauté sauvage des hauteurs, et la magie des moments partagés nous ont régalés.


lundi 19 janvier 2026

une rencontre fortuite

Dans notre salle de bain,  deux araignées se sont approchées..
C'est une ascèse ?

La lumière extérieure était filtrée par une sorte de ouate nuageuse, sortir c'était comme se déplacer sous une couette blanche, mais sans la chaleur.

Ici le monde est flou.
 

Le long du chemin caillouteux qui me mène à la foret, les tiges de cardères résistent bien.

Très rapidement en foret, je quitte les sentiers  tracées, pour mon propre chemin. Je croise alors  de nouvelles signatures d'arbres. Un grand chêne a conservé les branches de sa jeunesse.
Un jeune sapin douglas, nous raccommode une histoire de fil en aiguille, il nous raconterait une histoire d'araignée, au fil givré 
Je suis allé voir le grand chêne.

De la foret à la forge..

Des souvenirs d'enfance sont remontés : ceux du maréchal ferrant qui officiait encore quelques fois au centre du village. Alain s'en souvient aussi.
Ici au 3 rue des chasseurs, à Illzach, la forge est allumée. Le charbon de terre démarrait sa combustion, le réglage du tirage allait s'affiner.
Pas de musique pour commencer, le bruit vient avec la couleur, ici le rouge du métal.
Je suis donc allé travailler le fer, comme une découverte. 
Y mettre les mains, serait plus juste, sauf que c'est une pince et un marteau qui les  prolongent.
La capacité à se servir d'outil est une des caractéristiques de l'homme.
Me voici donc outillé, et à partir d'un  rectangle de fer enrichi au carbone, pour forger un couteau.
L'établi de cet après-midi de travail sera un vénérable enclume. Il répondra aux coups par une action sur l'autre face. 
Le beau son de l'enclume ( mais que fait Motorhead ?) remplira une bonne partie de l'après midi.
Je suis accompagné, guidé pour cette découverte d'un maitre de forge : Olivier. 
Lui aussi va forger deux couteaux pour que je comprenne comment ça marche déformer du métal.
Forgeons le fer tant qu'il est chaud. J'ai fait faire à ma pièce de nombreux  aller-retour entre  foyer et enclume.
J'avais dit à Olivier que j'étais pas très manuel, mais voilà il a vite compris que j'étais assez marteau, ce qui va bien aussi.
En fin d'après midi, je suis passé à la ponceuse à bande pour préparer l'affutage, comme un aboutissement, je me suis régalé.
L'orgueil de construire mon propre couteau, est né sur l'enclume d'abord pour allonger affiner  la lame.
Puis former la pointe,  préparer le tranchant, arrondir le bout qui formera le manche.
Rendre l'acier plus dur par trempage et percer pour les rivets...
Voilà j'irai faire le manche en bois aux ateliers partagés de Steinbach, et encore  parfaire l'affutage.
Je me vois bien  proposer un bourguignon de sanglier pour l'inaugurer.

Le soir Roméo et Léandre ont choisit : Le géant  de Zéralda comme histoire, c'est une histoire d'ogre. Papy regarde : "Il a le même couteau que toi..."

Ce texte contient un jeux de mots à deux fois huit pattes, lié aux araignées

vendredi 2 janvier 2026

Saupoudrage de neige

La lumière du matin était plus forte. Je me suis levé dans un silence agréable.

J'ai fait ronronné le feu. La neige a recouvert d'une fine pellicule les fenêtres que nous avons sur le monde. Le journal n'est pas arrivé.

Du thé, des petites pommes rouges, des fruits secs, un yaourt... et des chaussures de montagne. Direction le Wolfkopf, dans le petit vallon les escarpements rocheux, forment sur leurs crêtes un jardin à fougère. Je rejoins la pelouse sèche et retrouve les peucédans, leurs silhouettes gracieuses même sans feuillages vaporeux.   
 

Des que la densité de la chênaie me permet de déterminer une trajectoire hors piste, je coupe avec un dénivelé important. Mes chênes fétiches sont atteints au prix d'une ascension sportive.    




Je descendrai par une pente plus douce. Les chemins d'exploitation forestière m'iront bien. Mais les flaques glacées cachées par la neige, m'ont fait sentir le contact avec le sol.



Les glaçons de l'Ertzenbach se sont construits en stalagmite et en stalactite. L'art de l'eau,

fait rêver. 



Pour continuer les rêves au chaud
Des poissons moulés en cristal sont au musée de l'eau à Wattwiller

Le chant des forêts le film de Vincent Munier est projeté au cinéma, l'affluence importante  peut retarder cette  vision de la nature en grandiose. La montée au Wolfkopf  à pied est plus tranquille en terme d'affluence. 



dimanche 28 décembre 2025

coup de lune

le frison qui accompagne les découvertes à portées de  pieds, doit -il être aménagé ?
 Tous les détails ne sont plus vus, l'imagination pourrait travailler contre nous !
 Laisseriez vous votre éclairage en poche ? Pour que l'ombre mouvante ne vous effraye pas ?
Là où il faudra voir que dans toutes forets, chaque détail est une aventure. 
Nous ne garderons  que la silhouette des choses




depuis le chêne du Schletzenbourg

Ce soir je suis monté jusqu'aux secondes ramifications.
Je voulais une lune éclairante

 

éclairage lunaire chêne de l'Iffis

Le chêne est trop haut pour que ma photo
soit prise
depuis son houpier.
Je me suis amusé à ne pas cacher la lune,
 comme cela le coup de lune est partagé,
c'est pour vous aussi.

depuis l'oratoire

La flamme vacillante d'une bougie éclaire la crèche.
Sans feuilles les arbres laissent passer cette belle lumière de lune.
Les nuits les plus longues peuvent être éclairantes. Je suis au croisement
des deux sources lumineuses, deux ombres dans la nuit.

les douglas du réservoir

Broderie sombre, travail d'aiguilles avec les sapins douglas sous le Schletzenbourg.
le chêne du Schletzenbourg


dimanche 21 décembre 2025

velouté de fenouil au citron

en montant vers la Loh

Quand je vais à Uffholtz, j'aime bien dire que je viens d'Outre Loh. La Loh est cette crête ventée, qui sépare nos deux villages.
Beaucoup de personnes d'Uffholtz ne me connaissaient pas par mon nom, ni mon prénom, ils me disaient en me voyant  : "tiens,  Steinbach est là !". J'aurais pu croire que j'étais ambassadeur.
Maintenant beaucoup d'habitants d'Uffholtz m'identifient.  Je suis là, pour préparer un repas. Je serai chef de cuisine d'un jour. J'ai quelques propositions en tête, je tiens compte de ce que les autres proposent, sans le revendiquer je propose un repas sans viande, pour un vendredi jour de poisson. 120 personnes sont attendues, alors  le défi continue...
Je propose un velouté de fenouil au citron.
Le gout de la soupe doit venir d'un équilibre entre carotte et fenouil, deux légumes d'une même famille : les apiacées anciennes ombellifères comme le carvi, l'angélique, la berce, le persil, le panais... je fais  revenir oignons ails et coriandre frais, puis carotte et fenouil, avant de mettre l'eau, puis les pommes de terre et plus tard le sel. Après c'est  le mixage et un  final en fraicheur avec des petits cubes de citrons confits.
Pour les tartines : sur une tranche de pain de campagne une quenelle tartare de champignon crus confectionnée avec du Saint Môret, des échalottes et de l'ail revenus, du  raifort  et quelques fleurs de primevères séchées  
et  sur une tranche de pain au maïs du thon mayonnaise  et des fleurs de bleuet cueillies sur la Loh cet été.
J'apprécie l'organisation d'un tel événement sur 24 jours, où tous les soirs il y a quelque chose. Le festival des fenêtres de l'avant, une manifestation à vivre. 


Voici comment les commandes sont ordonnées par Serge la personne chargée des courses :
j'envoie quelques repères pour trouver le raifort, le citron confit, le Saint Môret et les champignons bruns de Paris 
Guy Holder
Cde pour le 12/12
Velouté de fenouil/carotte et citron
Fenouil 50gramme/personne   Kg6
Carotte Kg6
Pomme de terre Kg6
Oignon Kg2
Ail têtes 4+610
Coriandre frais  bouquet 2
Champignons frais de Paris bruns Kg6
Échalottes Kg2
  
  
Épicerie
Citrons confits au sel pot de 500 Gr                          1
égoutté (rayon épicerie du monde) 
raifort 2
 

Thon au naturel égoutté Kg3
(28 boites de 104 Gr)
Mayonnaise entre 1 et 2 Kg1,5
  
  
Produits laitiers
Fromage type St Môret boite 400 Gr10
 

De 9h à midi nous étions 8 en cuisine : lavage épluchage et découpe. Et oui 6 kg de champignons frais à laver très méticuleusement et à  détailler en brunoise, c'est plutôt titanesque !  En début d'après midi, toutes les préparations étaient à mettre en attente pour le soir, et la soupe prête à être mixée.

Je suis rentré faire la sieste, pour un retour un peu après 16h. Plus tard l'équipe pour le dressage, la présentation et le service vient me rejoindre, celle de la vaisselle arrive aussi. J'explique le repas principal, les autres possibilités, et chacun prend une responsabilité et la tient. Près de 200 repas sortent ce soir là !   

foyer st Érasme Uffholtz

Le soir quand l'espace pour la mise en assiette des desserts reprend un aspect acceptable pour une reprise le lendemain, je rentre et c'est moi qui suis cuit.

Le lendemain Roméo et Léandre viennent préparer Noël, des apprentis pâtissiers sont à la maison.

Les petits gâteaux de Noël ne sont pas restés dans les boites métalliques, le résultat a été extraordinaire.

Dégustation et retour au calme, même la maison à le sourire. 

Brettela à la maison






vers la Loh


samedi 20 décembre 2025

L' ATTRAIT FORESTIER

 


Je parcours la forêt steinbachoise depuis près de trente ans. M’y promener est une recherche d’équilibre. Revenir du travail et aller faire un tour, relève pour moi d’une conduite d’hygiène mentale. La proximité forestière valorise mon lieu d’habitation, parce que j’y exploite cette possibilité de prendre l’air.

La balade peut-être une forme d’entre deux : pour que vie professionnelle et vie personnelle ne s’envahissent pas trop.

En marchant… je rêve.

Je n’assiste plus personne, je ne rends rien supportable, je ne veille plus aux droits, enfin si, mais pas concrètement.

Si j’ai bien rêvé, je rentre avec joie.

Sortie de foret, retour vers la maison par le Gesetzweg



« Allons aux bois » Un groupe s’est constitué autour d’un autre attrait forestier, celui de pouvoir faire du bois de chauffage. Entraide, assistance, partage parfois mutualisation des forces, aussi des compétences et du matériel, gestion du temps et des moyens de transport. Si j’aime bien être seul en forêt par ailleurs, ce moment dans l’année où l’on extrait du bois est un régal collectif. L’objectif final c’est celui d’ avoir chaud l’hiver.

Si j’ai bien transpiré, je rentre avec joie.

Aulnaie de la Mounimata 

En automne, la forêt sous la pluie est un signal pour la recherche des champignons comestibles.

Comment les sous bois viennent à ma table ?

Après ma cueillette je prépare les chanterelles jaunes et grises, et les pieds de mouton, clitocybes améthystes et trompettes. Une cuisson de 30 minutes minimale est recommandée pour les chanterelles. Je fais suer, puis je mets un fond d'eau et je couvre. Dans la poêle, je fais légèrement revenir les lardons de   guanciale jusqu’à ce qu’ils soient  translucides, avec du poivre et des graines de fenouil, j’ajoute de la crème et hop ! dans la casserole des champignons. Pour récupérer les sucs caramélisés je refais le passage une deuxième fois entre la poêle et la casserole.

L'or de l'automne est dans notre assiette. 



Je suis à la recherche des plus grands arbres...

le chêne de l'Iffis, parcelle 1

La couronne du chêne dépasse la forêt qui l'entoure. Près de 3m50 de circonférence à un mètre de hauteur,  de quoi faire un beau discours... plutôt une conférence.

Je songe à l’histoire de ce chêne ; mais que faisait-il en 1850 ?

Qui avait-il comme voisin ? 

Comment a-t-il survécu à la guerre, est-il devenu sourd avec tous les obus tombés aux alentours ? 

Est ce qu'il aime que la laie vienne allaiter ses marcassins sous son couvert ? 


Sur l'autre versant du vallon, le chêne du Schletzenbourg, ressemble parfois à une pieuvre, parfois à une araignée,


parfois à une main...Vous me direz ce que vous voyez ? En vous rendant sur place, bien sûr ! C'est une invitation au voyage...

Je rêve d'un soir d'été où des lampions accrochés à ses branches basses, m'éclairent. Je raconterai alors l'histoire des lunettes de la sorcière ici à Steinbach.

Mais pour l'histoire de l'œil, il vous faudra  aller à Thann !





Sous le couvert forestier, le long du ruisseau de l’Entzenbach et en longeant les cours d’eau adjacents, je vous propose de suivre une remontée du vallon.


Ici, pousse une plante extra ordinaire : la lunaire, lunaria rediviva. Avant que les feuilles ne reviennent aux arbres, elle croit à vitesse très rapide, sa floraison enchante mes yeux, son parfum enivrant est diffusé dans les sous bois. Une fois fruits et surtout graines arrivées à maturité, il restera des siliques, la cloison centrale argentée, translucide, reste attachée longtemps à la plante desséchée. C’est la plante emblématique de ces lieux et si le vent souffle elles danseront pour vous avec un léger bruit de papier calque froissé.