dimanche 29 mars 2026

La course végétale du printemps

L'anémone des bois

Ce matin il faisait très frais, et en plus nous venions de  perdre une heure. Les fées de l'hiver ont failli réussir à nous mettre une couche blanche sur le sol. Alors que j'espérais voir sortir les filles en jupes fleuries... Cette lutte, hiver contre printemps nous occupe bien à la campagne. 

Caltha des marais
Les petits rayons de soleil au bord du ruisseau, ont déjà fait fleurir la Caltha.
Comme l'anémone des bois, ces plantes contiennent de la proto anémonine et rendent celles ci vénéneuses. La toxine est dégagée à la blessure de la plante, pour que les herbivores ne la mangent pas, mais séchée dans le foin, ça devrait aller.

La plante emblématique du vallon de Steinbach,  est de la famille des choux. Sa floraison sent très bon pour moi, mais Raymond n'aime pas. Bon aujourd'hui c'est trop tôt, mais quand le vallon sera  en fleur je viendrai m'enivrer... 
 A Steinbach station lunaire

La lunaire
Dans le même environnement, souvent en troupe et peu mélangée avec la lunaire, une autre plante de la famille des choux, remarquable avec ses floraisons allant du blanc au bleu violacé. Elle a des feuilles digitées ou peinées. La force végétale du printemps qui fait qu'elle sorte de terre, produit feuilles, tige et fleurs simultanément : un beau mouvement de course végétale. Pas d "enfance, ni d'adolescence" pour cette plante, mais ce qui est visé c'est tout de suite se reproduire. Parce que l'énergie tirée du soleil,  n'est pas à pleine puissance pendant longtemps dans la foret. En début d'été  80 % de la lumière est empêchée d'arriver au sol, par les feuilles des arbres.
La ficaire, comestible  mais avec parcimonie  et surtout avant la floraison. Et pour cause cette toxine que l'ont retrouve aujourd'hui dans l'anémone des bois, l'oxalis et la caltha mais aussi dans nos plantes cultivées : les asperges, les feuilles de rhubarbe, les épinards, l'oseille et le thé... et qui peut entre autre provoquer des irritations sévères chez les herbivores, et participe à la composition des calculs rénaux : c'est l'oxalate de calcium.

Michèle et Raymond, pour une très belle interaction à 3 , sortie sur la course végétale du printemps

Roméo pause dans le jardin avec les cardamines, après je lui ai raconté des salades, parce que :

De la cardamine des prés est entrée dans notre salade avec des pâquerettes, une tartine d'ail des ours en pesto, du jambon en croute de pain.
Le soir soupe d'ortie, ail des ours, salade avec du choux khal et des fleurs de primevère 

dimanche 22 mars 2026

Dénicher l'empreinte du Corbu

Le Corbu est un personnage étrange, il était grand, portait des lunettes, dessinait tous les matins, et rêvait d'envergure. 

Mais pour mes parents : c'était  novateur mais  trop moderne...Et pour nous, il fait déjà parti de l'histoire contemporaine. La difficulté de reconnaissance par des réalisations concrètes a été dépassée. 

Dans une histoire d'enfant, il fallait suivre les traces du corbeau dans la neige. signé LC 

Nous avons mené une enquête en groupe d'abord dans une brasserie allemande, puis en duo pour des images de Marseille et de Firminy. Et  puis chaque solo va voir "la notre dame duo" en groupe. 

Pas de papier pour les partitions. 

Vas-y Piano pour les sœurs !

Des extensions souterraines pour les religieuses, venues après la chapelle du Haut, et du haut on ne voit pas les sœurs en bas. Il faut être en-bas pour voir qu'elles cousent sur des machines "Brother" les sœurs !   

tabernacle et espace séparé du chœur, chapelle des religieuses, architecte Renzo Piano

Mais où sont les pilotis à la chapelle du haut ?
Des pilotis, comme dans l'architecture des villages rupestres sur les lacs suisses et la modernité du béton, de la lumière et du béton, une vue dégagée, du soleil qui entre...
Le son de l'architecture résonne, la lumière jaillie, par les encoches des murs, et cascade par les trois tours. Une douche de lumière vous tombe dessus.
 Rouge passion nous colore

La pyramide des sacrifices comme chez les Mayas est à l'est et le bassin des gargouilles à l'ouest. Un nez de sanglier monstrueux, empêche les eaux de pluie de ruisseler sur le mur et il emplit un baquet en béton, orné de trois pyramides.
La partition du  temps moderne se joue entre, avec la chapelle, croire et construire s'y relient. 

Le sang et l'eau sont encore présent dans la liturgie.

Michelle est éclairée dehors et dedans nous sommes tous des illuminés,
coiffés d'une carapace de crabe à l'envers. Les coques de toit ressemblent aussi à des bateaux, le toit tient soutenu par des piliers, est ce là les pilotis cachés?
Le Corbusier, a signé les dessins préparatoires et est venu signer la réalisation 
finie, c'est presque à la  fin de sa vie, il retourne à l'eau.

lundi 16 mars 2026

Delphine et les forsythias en fleur

 


Avec les forsythias en fleur, en finir avec la vie…

Déjà rendre le dernier souffle…

Mais ça va beaucoup trop vite !

Delphine, dans la quarantaine rejoint les pages noires de l’inconnu, comme un plongeon dans les mers obscures.

Depuis l’ expulsion de son monde aquatique originel, sa naissance, avec son premier cri respiratoire, avec cette vie d’adulte menée au coté de Guillaume, puis avec la venue de Jules.

Le dernier souffle de Delphine, celui de son départ, vient beaucoup trop tôt. C’est un arrachement !


Ce passage terrestre a pourtant la fulgurance d’un feu d’artifice, les peines et les joies ne s’équilibrent pas, il y a trop d’incomplétude. Une rage déprimante m’envahit, je retiens mes larmes…

Delphine, je t’ai aimé de cette joie désexualisée, qui ont fait de notre rencontre un compagnonnage collaboratif. Ton sens de la synthèse, de l’organisation, vient toujours mettre un titre sur une idée, régule le passage à l’autre idée, recentre, dépouille les égarements, et mes nombreux idiotismes. En groupe nous avons préparé des animations qui sont devenues des fêtes, à destination du village, ou à peine plus modestement entre amis.

Organiser est le mot majeur de ce parcours commun, « organiser le hasard de la rencontre », pour que les personnes présentes, participantes puissent dire j’ai passé un bon moment, j’aurai des nouvelles histoires à raconter. Delphine a bossé pour ce partage, avec une esthétique de la fête, une ambiance, un décor, un déguisement, du travail en cuisine, soutenue d’une vision extraordinaire du bien être de tous, du confort et d’un sens du partage généreux.


Comme c’est violent de devoir faire sien, aussi brusquement avec ce que d’autres nous ont transmis.




Delphine, je trouve que tu as bien intégré Molière qui se demande si la première fonction de l’Homme est de plaire. J’ai aimé tes brefs passages sur le devant de la scène, mais surtout l’immense travail d’organisation, de mise en œuvre pour la réalisation, la répartition des taches, la modération et je l’ai toujours vécu comme un appui à l’engagement.


Delphine tu as souvent été notre première ministre, la dame du faire, du rendre possible..


Je lâche un gros mot, celui que je dis quand je m’enlise.


Je crains la dépression, je crains la dépression de notre collectif associatif, amical. Il est déjà sérieusement mis à l’épreuve par des pertes qui nous submergent, comme une blessure toujours ouverte de la mort. La dépression est elle une tentative de cicatrice à construire ?


Delphine du fait de ta santé fragile, tu as été en difficulté pour intégrer le monde du travail. Mais ta force de vie, ton énergie a été mise au service de ta famille et des autres. Dans les autres il y a notre association, une partie de vie de village, avec des personnes a qui l’ont parle.





J’aimerais que l’on fasse sien ce sens extra ordinaire, vital d’être utile aux autres, au social, merci Delphine.


« Eisbrecher brechen nur das Eis, Eisbrecher brechen keine Hertzen » Nena


Le matériel ne remplacera pas le cœur. Que le cœur soit symbolique, réel ou issu de nos rêves il est porteur de générosité et d’endurance, je te remercie Delphine.


Partager le désarroi de la mort de Delphine et mettre en place des petites choses, pour lui dire notre adieu et parler du vide qu’elle crée dans nos vies autour de nous. Fabriquer une fleur en papier.. Ce moment géant du faire une bricole et de parler et c’est un champ de fleurs qui t’es envoyé.

Je suis désolé de n’avoir pas pu dire ou créer de trace forte de reconnaissance, de ton vivant. 

Elle ne savait pas que j’ai gardé accroché dans mon sous sol encombré une affiche d’atelier « la tambouille des sorcières » qu’elle m’a fabriqué.

Que la force de Delphine soit avec nous




samedi 14 mars 2026

Steinbach, einfach gut leben

Quant la lumière du jour devient plus généreuse, nous filons en Autriche pour glisser à ski, marcher le long des ruisseaux et nous réchauffer en fin d'après midi au sauna. Nous gouttons le bonheur de vivre dans  les Alpes, avec des perspectives extra ordinaires pour faire une petite cure de l'approche printanière.

Véronique et Sophie, sont venues partager le plaisir que nous avons de revenir dans cet hôtel de  village montagnard, avec cette tranquillité apaisante.


les nivéoles



Deux jours de ski, avec de la lumière et surtout de la neige, prendre du plaisir à glisser, à freiner, à virer. Aussi quelques arrêts sur les paysages remarquables, les lumières bleutées, rosées. Engagement et apaisement.
 

Prendre le soleil sur le banc derrière la chapelle, un objectif que la météo nous permet de réaliser. Peut-être nous trouverions la même chapelle dans les îles grecques, et nous y contemplerions le monde de la mer. 
Les signes du printemps : le temps du début, pour le calendrier des fleurs : tussilages, pétasites, noisettes. Quelle chance, nous repérons aussi le calendrier des grenouilles rousses en lisière de foret. J'en profite pour montrer des yeux de rêve, comme une pierre noire polie et de l'or autour.  


Un mur en pierre serpente vers le hameau de Schönenbach , derrière le mur  noir le ruisseau forme les mêmes courbes légères. Au village nous remarquons une  récolte du printemps  qui se compose d'un grand nombre de bois de cerf. 

Retour par la petite mer de la Germanie, 

mardi 3 mars 2026

prendre de la hauteur


Monter au Baecherkopf, et une fois à la cabane s'y pauser quelques minutes, dehors au soleil, boire une grande tasse de tisane dans le vent frais d'une fin d'hiver presque printanier.  Sécher un peu  la transpiration, diffusée  pour gravir la montée abrupte du Jaegerpfad. Et Écrire un mot dans le cahier du lieu.

Dans ma descente après Pastetten Platz, dans le sentier vers Thann, mes premières fleurs de " haute altitude" pour cette année,  me donnent de la joie. 

la floraison des hépatiques


une vue vers la haute vallée de la Thur


une vue vers Thann




retour au village de Steinbach

dimanche 1 mars 2026

transition vers un retour aux couleurs

La saison hivernale sans couleur, apporte parfois encore de la neige.
Maintenant il est devenu rare de pouvoir fabriquer un bonhomme de neige.
Mais est ce que l'on continuera à  en rêver ?

J'aime cette saison, pour la lumière apportée en foret, dans les bois à majorité de feuillus caducs, la lumière entre à la fin de l'automne, l'hiver, et le début du printemps .  
 


J'aime les déclins du soleil qui ne correspondent pas encore aux  heures de repos, même si le sombre vient vite, je me sent aventurier parmi les ombres naissantes, d'une nuit qui raccourci.


Je suis content de retrouver la pulmonaire en fleur avec ses couleurs changeantes sur la même tige des rouges et d'autres  bleues violet, et un tapis forestier impressionnant de perce neige
Mais qui freine la chute des frênes ?
La rive pentue de la Doller schweighousienne m'a fait faire du ski, sur sa terre argileuse gorgée d'eau, même ma remontée n'a pas été aisée. J'ai dû improvisé un piolet. Et ouf ! la Doller ne m'a pas accueillie. 
  Mais pour mon rendez vous avec les nivéoles, je ne suis pas arrivé trop tard ! 



L'ail des ours, lui m'a accompagné à la maison. Pour le repas du soir : bouillon de queue de veau façon pot au feu, et des spaghetti avec un pesto ail des ours.
L'entrée du lendemain  avec une harmonie de salade à couper, des fleurs séchées, quelques boutons au vinaigre, un choux rave cru  le légume phare des intersaisons et du pesto ail des ours mélangé à du chèvre frais tout blanc, comme les névés sur les  prairies vosgiennes. 



samedi 28 février 2026

travaux préparatoires pour vitraux et errance de l'esprit

 encre et crayon à eau février 2026

Sur une idée pour représenter le printemps, boutons de fleurs, papillons, fécondité


Sur le thème de l'eau, mer, pluie, plantes de lieux humides, verseau
 

encre et crayon sur bloc note, février 2026 

Lunaria rediviva et silhouettes d'arbres mi hommes mi bois 

silique de lunaire et graines en forme de fœtus, nos voisins appellent la lunaire : feuille d'argent sauvage, ou viole de lune sauvage