dimanche 9 août 2026

Les digues à moutons


Nous pédalons dans l'estuaire immense de l'Elbe sur la mer du Nord. Nous remontons  la voie navigable qui nous mènera à Hambourg. Nous avons croisé des moutons par millier. 
Des nuages moutons dans le ciel bleu, et les reflets bêlant  sur terre verte, la mer fait lien. 
Francine tricote de la laine Hundertwasser, j'ai  la tête dans les nuages.




Edouard Munch peint la mer

Nous arrivons à Hambourg, par quelques plages sauvages,
puis des quartier chics face à l'estuaire

Nous retrouvons les entrepôts


le haut débat


 rêve de chaussettes Hundertwasser
Maria Lassnig


Visite de la ville, et quelques calembours, un repas hamburger, mais aussi un élément majeur le musée d'art et son annexe d'art contemporain. Nous nous régalons d'une exposition magnifique consacrée à Edouard Munsch/Maria Lassnig. 
Nous dormons  dans le quartier St Pauli, non loin d'une rue qui est  une autre Allemagne. Pas celle des clichés propres et ordonnés mais  avec des débris de verre,  de la crasse au sol. C'est le lieu de la  rencontre des précarités, de la prostitution tapageuse, ouverture sur les sexualités différentes. A l'arrière de la gare aussi un rassemblement de personnes vivant dans la rue se retrouvent. L'odeur humaine des personnes loin de l'hygiène m'a rendu attentif avant la vue.

Eh Francine ! c'est pas tout il nous reste au moins  80 kilomètres pour retrouver la voiture !

La route en voiture signe le retour, nous faisons un arrêt visite à Lunebourg, ville gracieuse, ancienne et belle.

Les harengs nouveaux sont arrivés

Cap au nord

Traverser la campagne et retrouver la mer baltique, légèrement ventée, une eau fraiche et limpide qui invite à la rêverie, à l'immersion dans cette étendue.

Le tourisme balnéaire est présent aux abords des villes et villages, nous sommes au sud du Nord. La piste cyclable qui longe la côte est parfois encombrée par les vacanciers, plagistes, nous nous écartons alors pour des routes plus conventionnelles. Je me vis comme un précurseur français d'une côte d'Azur délaissée. Nous rencontrons un couple de hollandais francophile qui ne sont pas allés en Creuse cette année craignant la cuisson au grill. 

Coté champs, les herbes sauvages ondulent au vent, et les champs de blé sont en cour de récolte.

 
 


retrouver la mer...


Dans la vitrine du poissonnier, nous choisissons   "Buttermakrele fumé" : la tendresse, le gout et le fumage sont extraordinaires, voyager c'est aussi créer des nouvelles madeleines de Proust
Parfois la piste devient un sentier, puis falaises, plages et espaces naturels se succèdent, là aussi nous rejoignons la route.
Notre arrivée tardive dans un camping, proposant de rares espaces libres, face au flux de vacancier, nous  trouvons un espace près d'un catamaran délaissé, l'autre espace proposé domine une falaise avec vue  plongeante sur la mer, sans barrière. J'y remarque parmi les hôtes, un combi Volkswagen installé là, où la terre fini. Comme un rêve qui emmène loin. 



Edouard Munch peint les rives nordiques

De Kiel à Brunsbüttel, nous optons  de longer le canal qui relie les deux mers, de la Baltique à la mer du Nord. Le tracé rectiligne est proposé aux cyclistes avec moults détours arrivant à près de 300 kilomètres, nous n'arrivons pas à recueillir  plus d'information pour longer au plus près, mais on s'y lance. Nous faisons l'expérience d'un chantier strictement barricadé, sans déviations indiquées. Dans un pays connu pour l'ordre et l'organisation, il y a des points d'amélioration. Les chantiers sont nombreux, avec une déviation indiquée, parcourt dans la foret environnante qui nous ramène à notre point de départ devant le chantier et non après !
Recherche, glanage d'information, et retour sur le chemin de hallage du canal, grâce à des personnes bienveillantes que nous avons suivi, avec qui nous partageons notre première tarte aux quetsches, dans une guinguette dominant les vignes du bord du canal. Dans un magazine gratuit de l'hôtel luxueux je trouve des infos sur le tracé cyclable du NordOstseeKanal, le NOK. So radeln Sie am besten entlang des NOK . www.nok-sh.de/umleitungen
 






Nous pédalons pour aller plus vite que les bateaux 
La cuisine du nord rend  aussi hommage à l'art culinaire des femmes au foyer des générations passées, nach Hausfrauenart, c'est ainsi que je me régale des harengs nouveaux !  
Cabillaud des mers froides, pleurotes, purée de choux fleurs piquante et gnoki de betteraves rouges a été mon meilleur choix de repas. Le réchauffage  du repas au camping gaz sur le balcon de la chambre luxueuse, d'un reste de choucroute, pommes de terre sautées, et jarret de porc sauce à la bière noire, le plus insolite.
L'esprit des noisettes, un alcool avec macération de noisette torréfiée, m'a envoutée

vendredi 7 août 2026

L'attractivité allemande,



Katharina Grosse explore le vitrail, le verre comme un liquide
devenu solide se prête bien à sa créativité

Wolfgang Hollegha, nous emporte dans des œuvres
 gigantesques, il nous dit : "Ne réfléchissez pas, regardez !" 

Rejoindre à vélo 3 villes : Lubeck, Kiel et Hambourg et longer quelques  côtes de deux mers: la Baltique et la mer du Nord 



Une averse sur Lübeck et les pavés brillent, le cœur d'une rare grande ville allemande préservée par les bombardements. Un mélange de grandiose et de délicat, le parcours à pied proposé pour en faire un tour, pour touristes, nous en donne un aperçu durant cinq kilomètres à pied.

Les petites briques, leurs pierres cuites, sont partout : des cathédrales gothiques aux entrepôts et maisons d'habitation c'est un vrai régal 
Sur les traces de Willy Brand, prix Nobel de la paix, né à Lübeck.
L'intelligence artificielle, à la lecture de l'image, propose la vache et le prisonnier, et confond le personnage avec Fernandel en 1959, l'IA IA fait l'âne... Même si une des vaches pourrait être de race  Holstein, la région autour de Lubeck.

mardi 21 juillet 2026

Résistance de deuche



Lundi  20 juillet 2026 elle était là depuis près de 50ans, dans le sous sol humide du chalet,
Elle a été conduite ici par mon père, et elle a servi à aller chercher du bois, un peu comme une brouette dans les forets environnantes. Les chaines à neiges ont servi pour plus de motricité.
Je demanderai si c'est cette voiture qui m'a emmené pour  la première fois à l'école. 
Mais les deuches se sont succédées à la maison, les berlines finissaient souvent comme véhicule de chantier, ou de service, pour l'entreprise quand elles étaient en fin de parcours familial. Les 2cv fourgonnettes, achetées à partir du PAM petite annonces mulhousiennes,  le mercredi soir, ce sont succédées entre elles, suivant les casses, les grosses pannes. Les disponibilités du marché, des véhicules à 500 francs, ont alimenté l'entreprise. Je pense me souvenir quand cette deuche est arrivée au chalet,  ma mère était passée aux 4L. 

La deuche a passé une nuit dehors, tirée par la puissance et la motricité du 4X4 de Théo, et je suis revenu le lendemain

après un échange avec Etienne Musslin du garage 2cv. Il est ok pour la récupérer. Il est venu avec un plateau, mais la deuche a fait de la résistance. Monter la pente roues bloquées n'a pas été possible, le châssis fragile a abandonné une grosse part de sa fonction de support moteur.

Il était venu avec sa fille, histoire de passer un bel après midi. Mais la deuche a fait de la résistance.
La rouille a attaqué la deuche de toutes parts, la vision du jour par le plancher, n'est pas une légende.
Est ce qu'elle participera à  une étude sur le recyclage ? 
Etienne Musslin viendra la rechercher.









En attendant elle fait un peu de camping sauvage, dans ce  très bel écrin.

vendredi 17 juillet 2026

L'ombre des loups





solitude au Wolfkopf

Rejoindre la chênaie thermophile, par des chemins noirs, des anciens sentiers délaissés. Gravir les pentes, et finir par les éboulis exposés plein sud. Les chênes ne se font pas d'ombres mutuellement, ils s'arrachent isolement d'un sol rocheux à outrance, ils y cuisent parfois laissant leurs squelettes à la vue de tous, vivants et morts sont voisins. Les vivants y luttent et c'est chaud..  Habituellement, photographier c'est utiliser la lumière dans le sens de son éclairage, cela élimine les ombres. Nous avons des ombres derrières nous. Ici de manière décalée pour que la lumière ne cache pas l'ombre. Un contre jour vu comme une  résistance soulignée.
 Les sentiers se sont effacés, aventure et solitude se croisent.
L'arbre mort fabrique moins d'ombre










ne rien prendre en prenant une photo...
belle prise, de vue s'envole
belle prise c'est pour les pêcheurs et les poissons





comme l'ombre d'un éclair

 



Sous le charme de l'épipactis helléborine

Il y a quelques années, Françoise et Rémy m'ont sollicité pour que je vienne voir la plante qui s'installait sous leurs arbres devant la maison. Trois maisons nous séparent et  je leur ai demandé de me le rappeler quand elle sera fleurie, l'orchis épipactis helléborine si était installée.  Je l'avais déjà rencontrée dans les bois steinbachois, sur le sentier de la Mounimata vers l'oratoire d'Iffis. 
Depuis deux ans elle s'est également installée chez nous, sous le charme, avec un parterre riche d'écorce de bois de chauffage.
La flore fragile vient s'installer chez nous aussi, et elle est compatible avec mes prélèvements de bois pour le chauffage.

mercredi 8 juillet 2026

les bagnoles de rêve

J'aime les surprises, de découvrir des voitures, des bus, des tracteurs, colonisés par la nature. C'est souvent une retraite un peu monumentale de mon point de vue, pour nos compagnons mécaniques de la route.
 
Des R8 ont colonisé les platanes en bord de route, 
ça c'est moins beaux !

A Kirchberg, il y a un lieu dit "Estafette" 
l'appellation est restée,
                                                      même si le véhicule a entièrement disparu...

J'aime les véhicules oubliés, abandonnés.
Algues, mousses puis fougères viennent s'y installer.  
L'aventure des véhicules rencontre l'aventure des plantes. 
Les arbres de transmission sont enserrés par des arbres pionniers.
J'aime les véhicules populaires,
beaucoup de 2cv auront accompagné ma vie, j'aurais aimé une 2cv verte,
avec cette ligne rondouillarde, et cette sous-motorisation qui l'a met dans l'effort. 
C'est toujours une aventure de se déplacer avec.. Nous faisons corps dans l'effort, elle reçoit nos suppliques, nos sorts, et elle s'en sort . 
Nous sommes  arrivés...
J'aime les lignes courbes, des voitures anciennes... 
Mes yeux les caressent. 


et donc j'ai été au concours d'élégance organisé au musée Schlumpf, la fondation du patrimoine y proposait la visite des réserves
Au retour, sur la bouteille il y avait écrit "grande réserve"
photo fondation du patrimoine

Dans les ateliers mécanique et carrosserie du musée
photo fondation du patrimoine

J'espère un jour pouvoir découvrir le second étage des réserves.