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| encre et crayon à eau février 2026 |
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| encre et crayon sur bloc note, février 2026 |
silique de lunaire et graines en forme de fœtus, nos voisins appellent la lunaire : feuille d'argent sauvage, ou viole de lune sauvage
Nous publions notre blog depuis un vallon alsacien, Steinbach où nous nous sommes implantés, depuis 27 ans cette année. Nous y faisons de la cuisine, des activités culturelles autour du livre et de l'art, mais aussi dans la nature. Nous entretenons un "jardin sauvage". Francine travaille la terre en sculpture, la peinture, je cuisine et j'écris et nous voyageons en tandem ensemble, nous partageons une partie des aventures qui font aller loin parfois près de chez soi.
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| encre et crayon à eau février 2026 |
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| encre et crayon sur bloc note, février 2026 |
Vous êtes mort, c’est comment après ?
Puisque nous sommes à l’atelier d’écriture : il y a des mots imposés : timidité, lac, bleu, un tube de rouge à lèvre.
Ma timidité, je l’avais mise un peu de côté, en me répétant comme une litanie : le courage permet les rencontres, le courage promet les rencontre…
J’avais de drôles de sensations physiques, un peu comme des ratés du cœur.
Il m’avait invité à me promener sur le lac.
J’étais en train de me préparer. Ma robe bleue, je l’avais assortie d’un foulard en soie, c’est toujours beau les foulards de soie dans le vent. J’ai nettoyé mes lunettes de soleil, j’ai eu une sensation de crispation au niveau du cœur et puis d’une décharge électrique. Je n’avais jamais eu cela, cela m’a effrayé. J’ai attendu quelques minutes debout à mon lavabo, je me suis figée. Je me suis effrayée tellement je me suis trouvée pâle, très pâle. Mais quel rouge à lèvre pourrais je bien mettre pour ne pas accentuer ce teint blafard ?
A cette question, je suis allé aux toilettes, sans efforts mes liquides sont sortis, mes solides sont partis je ne maîtrisais rien de mon corps, il m’échappait.
Mon cœur c’est crispé de plus en plus fort, mes yeux sont un peu sortis des orbites. Je suis restée arrêtée sur le trône. Je n’ai pas pu tirer la chasse d’eau, culotte en bas la vie m’a échappée.
J’avais juste réussi à attraper un tube de rouge à lèvre.
Le fossoyeur s’en est servi pour son activité thanatopractique de rendre présentable mon corps.
Le navigateur qui m’avait invité a accepté de jeter mes cendres dans une promenade sur le lac, un cerf volant bleu, virevoltait dans le ciel.
J’ai rejoint une famille de sittelle torche pot dans ma réincarnation, je cours sur les troncs d'arbres, et je vole.
*Le titre est emprunté à Josiane JEHLEN "Jojo" co-animatrice de l'atelier d'écriture du Stein, nous avons écrit le 11 février 2026 et le prochain rdv le 11 mars à 20h au STEIN à Steinbach
Le caractère germanique de l'opulence à table est souvent éludé par chez nous, où la finesse tient parfois de repas...L'opulence à table m'est aussi amicale, elle me réjouit. Soulever une marmite en fonte, bien lourde, en ouvrir le couvercle humer les vapeurs qui s'échappent, et savoir au premier regard, que l'on a été gâté que l'on va être rassasié, me met le sourire. La cuisine d'hiver avec du gras, des choses mitonnées et pas trop de scrupules puisque l'habit cache les plis. La balance reste cachée sous la baignoire, met de la malice dans mon sourire. Cette cuisine décomplexée fait du bien.
| Francine Stentz |
Dans "des recettes et des hommes", une revue qui m'est très familière un article sur la création de betteraves rouges en lactofermentation m'avait intéressé. Je suis un mangeur de choucroute Surkrut , mais pas du tout amateur de navet en lactofermentation, les Suriruava. J'ai eu l'occasion de gouter du choux rouge traité en lactofermentation, mais pas d'autres sortes de legumes. J'adore les betteraves rouges, je trouve leur nom moche, mais crue en salade, en croquant, en carpaccio, cuite en gratin à la crème, seule en papillote, même en sorbet, je les aimes.
J'avais pris l'avion pour me rendre dans cette île des Hébrides parce que je l'avais lu dans cette revue, comme si j'étais à mon tour en reportage. Je suis allé là ou une maraichère locale faisait la culture en plein air de betterave rouge, ce qui lui permettait de faire une sorte de choucroute magnifique..
J'étais très sujet au mal de mer, un petit hélicoptère m'a fait faire une balade entre terre et mer, il faisait un bruit d'opéra pour machine à coudre, mais m'a permis de localiser les champs rouges. Après les Walkyries comme musique dans le casque, pendant le vol. L'atterrissage fut très rock and roll, je suis descendu blême. Le pilote s'adressait en aparté à son confrère lui disant que "la cultivatrice de betterave lui redonnera des couleurs"
J'ai minimisé ma transpiration par ce repérage. Je me suis rendu avec facilité auprès de cette culture. J'ai eu la chance d'y rencontrer l'agricultrice en chef, lui ai dit mon intérêt pour les betteraves.
Cette maraichère était sexy, je ne sais pas si j'ai réussi à la faire rougir. Mais elle m'a invité à venir déguster des betteraves confites, façon choux raves et choucroute. En dessert je lui ai fait une crème glacée à la betterave. Je suis parti avec des graines, le n° de portable de Betty, la prochaine date de sa venue en France pour le salon de " de ..On sème...jusqu'à la cuisine"
Sur le sachet de graines j'ai marqué "les lèvres rouges de Betty" sur ma carte de restaurant vous trouverez cette nouvelle appellation pour désigner les betteraves rouges.
Cuisiner avec le sourire participe au bonheur de tous les jours, pour réchauffer le cœur, si en plus on choisit des bons produits, cultivé avec amour, dans le respect de la terre et des corps..
Amis, familles vous disent merci
Texte crée en partie à l'Atelier d'écriture Steinbach exercice: texte libre à partir de la vue d'une toile abstraite, avec des mots imposés : avion, hélicoptère, opéra, machine à coudre, transpiration, betterave
| Francine Stentz |
pour continuer sur le thème des betteraves rouges : https://lessablesrouges.blogspot.com/2012/11/trilogie-de-betteraves.html
| Mormont en Suisse, chapelle Saint Nicolas de Flüe |
| esquisse taille réelle, Jean François Comment |