samedi 22 février 2014

Ornans, petite venise du Jura

Pause, au bord de la Loue, une petite ville charmante avec des balcons qui surplombent la belle résurgence. L'eau nous frôle, nous la surplombons par les ponts et en déjeunant sur une terrasse des rives, même au musée Courbet l'eau nous passe sous les pieds par du sol vitré à quelques endroits stratégiques. L'eau est présente dans quelques toiles de Courbet, il pleut me semble-t-il dans enterrement à Ornans, et quelques personnes y pleurent. Il salue la mer près de  Montpellier, il peint des cascades, des lacs et autres paysages jurassiens. Et nous sommes comme sur ses traces, nous avons presque  les pieds dans la Loue.



Pourtant ce qui ressort pour moi de  l'ensemble des œuvres de Courbet, c'est le vert végétal, celui qui m'apaise quand je me balade dans le Jura., celui du chêne de Flagey, des prés à vaches et des forets avec des belles marques rocheuses. Le chêne de Flagey est une des trois œuvres majeures du musée, elle l'est par le coté débordant de la peinture de Courbet, elle ne tient pas dans un cadre, et, aussi de la souscription qui a pu permettre le rachat de cette toile, qui a réuni les volontés de personnes de camps politiques opposés,et de fortunes diverses, mais toujours dans l’intérêt du patrimoine local.     J'ai été surpris, voir déstabilisé par le rouge d'un couloir et le métal tressé de l'un ou l'autre mur du musée, mais c'est un bel espace. Ensuite, une  belle route dans le paysage forestier puis minéral  va d'Ornans à Pontarlier, c'est certainement proche de la route de l'exil, vers la Suisse pour le peintre.

tendresse pensive 


Dans "la claire fontaine" de David Bosc ont peut le "voir"  en lisant   gros et vieillissant, mais ici il est jeune et  fringant.


Prochains rendez-vous avec Gustave Courbet à la fondation Beyeler près de Bâle (ch) du 7 septembre 2014 au 18 janvier 2015, vous pourrez y chercher l'origine du monde, mais comme toute recherche sur l'origine plus on s'en approche plus elle nous échappe. J'aime bien la femme dans les vagues. En attendant balade avec un beau soleil, dans les prés et les forets de feuillus toutes nues, près de Soppe. Et dans la forêt, il y quelques passages humides et argileux, où nous mettons les pieds dans la boue.
noisetier en perspectives vers un ciel  printanier

 détail fleurs de noisetier



mercredi 19 février 2014

un monde de formes fascinantes entre bois et béton

La culture en temps de crise, provoque un arrachement au risque de replis sur soi. Avec les vitraux à Moutier dimanche dernier, et, ce dimanche le Goetheanum notre voisine la Suisse reçoit notre visite.
La saison du carnaval commence, les Wackeess et autres monstres sont de sortie et  si c'est comme chez nous ils prennent en main la destinée des villes  pour les festivités. L'appel au vote pour la limitation de l'accueil des étrangers nous a  effrayé, cet appel au vote nous avait échappé, jusqu'aux affiches de pommier où la mère patrie suisse nourrit de belles pommes dont les limites de partageabilité  devraient être revues. J'ai eu l'impression en voyant cette affiche en entrant dans un vallon, que je rentrai dans un scénario digne de Lucky Lucke, style "étranger passe ton chemin". Et le lendemain c'était un peu  le cas.


  
La Suisse est pour nous le pays de nos traversées vers le sud de la France, et vers l'Autriche.
La proximité avec la ville de Bâle, exerce sur nous une attirance forte pour les traces d' histoire et sa richesse culturelle, c'est pour nous un socle extraordinaire, surtout pour la peinture et l'architecture. Avec de la rivella , du chocolat frey, des leckerli,  quelques autres subtilités, nous regardons les musées et expositions autrement.


 Là, nous sommes au sud de Bâle, Rudolf Steiner conseiller pour jardiniers, éducateurs et architectes autour d'un univers spirituel a conçu ce lieu avec un grand bâtiment dominant ,voir rayonnant sur une colline, avec des satellites autour. La force et la solidité sont renvoyées par les ouvrages en béton, et de l'harmonie pour les formes et les couleurs des lieux peints ou en bois. Le jardin était encore un peu engourdi par la saison hivernale, et le soleil couchant c'est décliné en mauve.


Si vous demandez un biscuit en pâte feuilletée sucrée appelée chez nous "palmier" sachez que chez eux c'est "un cœur français". Et toujours dans une pâtisserie une torche aux marrons s'appelle un "vermicelle", la Suisse gourmande nous réserve de belles surprises.


Dans un tout autre registre une pétition circule sur le net 

"L'eau coule en effaçant les fêlures que la mémoire se doit de garder" 

Cette phrase traduite de la langue allemande par mes soins me revient en tête parce qu'une pétition circule pour la création d'un lieu de mémoire aux victimes humaines marquées par de la clôcherie, du handicap ou de la folie  ont péri parfois par manque de soin,  souvent de faim ou dans les camps, sous le régime nazi lors de la  guerre.

Cette phrase je l'ai lue au kilometre 2148 le long du Danube en Autriche, les cendres de 30000 personnes qui ont péri au Schloss Hartheim ont été déversée dans le fleuve à cet endroit. Une  grande pierre polie par   le fleuve porte cette inscription :
"Das Wasser loschte die Spuren die das Gedächtnis bewahrt" Franz Rieger

dimanche 9 février 2014

A LA RECHERCHE DE JEUX DE LUMIERES

Le plaisir de la lumière, quand le soleil parait ; c'est une fête ! qui fait sortir de la torpeur. La lumière se rattache au vivant ;  la mort à la peur de l'obscurité, à l'ombre, au recouvrement par de la terre opaque. Mon cerveau est stimulé par le biais de mes yeux, qui se jouent de cette lumière filtrée par les vitraux et aussi de plus en plus par mes lunettes.
La clarté pénètre l'intérieur des lieux presque comme par une fenêtre et en même temps c'est un tableau qui se dessine, le vitrail c'est une transparence dans l'oeuvre d'art.



Des échanges lumineux peuvent se faire sans courant d'air, confort et clarté avec des jeux de formes à voir, de couleur, de projection avec les ombres et les taches, des messages à représenter.
Cela dégage une ambiance en jouant sur le clair -obscur.
Le vitrail "ça semble" aussi technique et le "puzzle" n'est pas loin. La résistance de l'oeuvre est intégrée dans la liaison des découpes de dalles ou de feuilles de verre, comme un réseau de nervures.






Un tableau noir avec des craies de couleur pour idées lumineuse.

Après Abbeville dans la somme, Pontarlier dans le Doubs, nous voici à Moutier dans le Jura suisse pour continuer à nous imprégner de l'oeuvre de Manessier.
Reflet de lait dans la ville

et ciel avec quelques nuages laiteux

 pour à la recherche de la lumière : "à l'éclairage très partiel " Guy Holder et pour les prises de vue  c'est avec  Francine Stentz

dimanche 2 février 2014

gourmandise d'Alsace

Les "violons barbares" sont venus au Grün depuis les plaines de Mongolie, par les Balkans en passant par Strasbourg. L'herbe n'y pousse pas encore mais repoussera certainement. Nous avons vécu un concert galopant, avec la griserie de la vitesse dans des paysages d'orient.
Je ne sais plus si les chansons d'amour nous parlent de chevaux ou de femmes, ou des deux ?Les rythmes et les mélodies sont accompagnés par des instruments à cordes frottées et des voix qui nous emmènent, nous enivrent vite, loin, comme un surplus d'oxygène.
Petite visite à Mathieu, de la boucherie Edel qui m'a vendu un filet mignon de sanglier. Je l'ai emporté comme un petit trésor. Puis préparé une purée de courge buternut avec une râpée de muscade et un peu de lait puis je l'ai mêlé d'huile de courge torréfiée, la tarte aux pommes de terre façon tartiflette a complété l'accompagnement, ainsi qu'une réduction de  vin rouge "show vin". J'ai laissé le filet prendre la température ambiante, l'ai détaillé en tronçon, poivré et grillé. Les sucs de cuisson sont déglacés avec la réduction de vin et le tout servi sur des assiettes chaudes.

Francine avait fait un mendiant pour le dessert, alors que j'étais devant les objectifs, avec une équipe matinale, sur les chemins de la Loh.
Dans l'après midi nous partons à la recherche visuelle de belles maisons dans leur jus, nous avons fouiné du côté de Gommersdorf et trouvé celle ci.

dimanche 26 janvier 2014

Steinbach sans télé 2014


La communauté villageoise de Steinbach peut sourire. Elle a pu vivre ensemble, le petit plus, de convivialité d'une semaine sans télé.
La position du foyer derière l'église du village a pris une dimension importante pour le recit et les photos du voyage à Compostelle. La communauté catholique s'est mobilisée, les prises de parole et les commentaires fleuraient la prosodie propre aux églises. L'entrée dans cette retraite, s'est déroulée sur près de 1500 kilomètres à pied, avec de bonnes chaussures et un sac à dos bien chargé.
Les loisirs créatifs du lendemain ont drainé un public jeune. Francine s'est adjointe les services de Gérard, c'est aussi notre humoriste local, mais là c'est pour faire "terre".
Le match d'improvisation a reveillé des vieilles querelles inter villages Steinbach-Uffholtz, mais aussi de belles trouvailles "textuelles" pour la lettre K : "Kilimanjaro tout le monde lui est monté dessus",puis une mise en scène d'un croc-mort defequant dans une 2cv, c'était vif et loufoque.
Luc, sous son nom d'artiste "Nonin, souffleur de rêve" avec ses contes du Sundgau retravaillés a subjugué l'auditoire. Roland le pianiste a accompagné son recit pour en amplifié l'intensité dramatique et poétique, avec un son et des mélodies très agréables. L'interprétation puissante et très animée de Luc se trouve ainsi habillée d'un beau cadre.

La marche du dernier soir, même sur les chemins boueux a été bien appréciée. Quelques uns devisent, échangent des mots d'esprit et font remarquer quelques curiosités des environs de Steinbach. Le retour au foyer "auberge" est accueillant : avec de la soupe, et une multitude de mets, telle une corne d'abondance, offrant un choix riche et coloré aux "téléspectateurenrépis". Après les plaisirs de la bouche place aux chants et à la poésie, l'esprit feu de camp n'est pas loin vous êtes au foyer.
Samedi, le versant du vallon de Steinbach exposé au soleil, reçoit notre ascenssion depuis chez nous vers la neige. Après une semaine sans télé c'est un plaisir de retrouver les chênes. 


samedi 18 janvier 2014

sur un air de "stein" Bach

Quelques rayons de soleil et des chemins gorgés d'eau, cela n'empêche pas de mettre les pieds dehors, et, de quitter l'écoute de morceaux de Bach joués au clavecin, et une  lecture très forte, parfois à la limite du soutenable : " les furtifs" de Jacques Lindecker,  de l'égoïsme et de la fraternité, de la domination, de la délinquance et du sang, sur fond de mer rouge, ici à Mulhouse. J'ai retrouvé une proximité d'écriture avec celle du marquis de Sade, réflexions philosophiques et horreurs de faits divers pour rien, pour écraser l'autre, pour le paraître..   Choc de lecture, pour une découverte de l'apéritif littéraire de Steinbach.

J'ai été voir un film documentaire allemand "ne m'oublie pas" avec une plongée dans l'histoire d'une famille dont la maman est touchée par l'Altzeimer, version démence sénile douce.  Le réalisateur était là. J'ai dû réviser mon allemand, mais comment dit-on intime, beau et tendre malgré la maladie ?
"Je croyais que ma mère n'existait qu'à partir de ma naissance, j'ai découvert un peu de sa vie d'avant, et peut-être aussi de celle d'après celle que l'on connaît habituellement..." David Sieveking






Ma grand-mère m’interpelle durant les fêtes de fin d’année, sur sa situation personnelle. Elle fait le choix d’une vie chez elle, à son domicile, et du fait de son grand âge (elle va avoir 93 ans, elle est née en 1921), et, des pertes de capacité, cette vie à domicile est possible, grâce à quelques aides.
Hors, elle a la désagréable surprise de voir ses aides baisser; dans la proposition de prise en charge par sa caisse de retraite. Alors que son audition se dégrade, et rend le dialogue de plus en plus difficile, des douleurs aux yeux viennent parfois perturber les liens avec son entourage. Ses déplacements sont de plus en plus restreint, elle se cantonne à son seul appartement et, parfois avec difficulté.
Elle ne peut pas envisager de marcher avec une cane ou une autre forme d’aide technique, pourtant sa très grande fatigabilité, ses pertes d’équilibre et des souffrances récurrentes dans les jambes entravent son autonomie.
Nous avons du mal à comprendre la baisse de la prise en charge par la caisse de retraite, nous pensons qu’il serait nécessaire de revoir l’évaluation et l’aide dont elle devrait pouvoir bénéficier, pour qu’elle soit au moins égale à l’année précédente mais pour nous la logique nous fait envisager une aide plus importante.
Nous sommes soucieux du maintient d’un certain confort de vie, pour  notre grand-mère. Pour elle c’est très important que le ménage soit bien tenu, qu’elle reçoive avec régularité des intervenants et que ses courses soient faites selon ses vœux, il en va de sa dignité.Alors il faut écrire à la caisse de retraite, à la mairie , peut-être comme on jette un  caillou dans le ruisseau, un peu avec colère et recherche d'un meilleur geste.
Pénélope s'amuse : feutres sur papier photo

dimanche 5 janvier 2014

Steinbach Mulhouse

Un petit pont entre Steinbach et Mulhouse, alors que nos ruisseaux sont gorgés des eaux de pluie très abondantes. La monnaie du pape conserve encore quelques belles formes en calisson, dans cette matière proche du film de transparence de nos anciens billets de banque. Partir en ballade dans la forêt de Steinbach ça paye !
Mais du côté des bénéfices autres que financier, les mines d'argent ne sont plus exploitées.



 Bâtiment 75 sur le site de DMC à Mulhouse, pour une visite des ateliers d'artiste, dans les petits bureaux, et les plus grands espaces de ce bâtiment de briques rouges. Des ambiances intéressantes sont dégagées par les différents lieux : des lumières d'hiver d'un dimanche après midi pluvieux dans un endroit chargé d'histoire et de transpiration ouvrière.
Pas de fil à suivre, une visite un peu décousue c'est improvisée selon nos divagations dans ses lieux, les créations vues ne retiendront pas notre attention,
 parfois quelques effets de mémoire avec des squats berlinois des années 90... Heureusement, nous sommes aussi venus pour l'atrait architectural du passé industriel et en cela  cette balade ne nous a pas déçu, de ce coté du pond. Mais la passerelle vers la création artisitique n'a pas crée d'émotion, le teckel avec bec de canard et queue de crocodile ne nous a pas mordu. L'actualité mulhousienne fait aussi dans la chute du mur, en effet l'un des plus grand batiment, voisin sur ce cite industriel est en cour de démolition.
Cependant,nous attendons une belle restauration du réfectoire de l'usine, y manger pourrait être un beau défi, et cet espace pour repas en plein air, nous invite à un beau partage du temps du repas, après réhabilitation.

mercredi 25 décembre 2013

balade gourmande pour Noël

Noël à table, c'est le résultat de nombreuses quêtes, avec des idées glanées ça et là, un peu d'imagination...
En rentrant un dimanche soir, un sapin est déposé devant ma porte, mon père est passé par là ! Avec quelques branches de houx et du gui, en quantité.
Il s'agit de faire tenir le sapin dans la salle à manger, au moyen de l'arrosoir qui a appartenu à l'arrière grand-mère, rempli pour l'occasion, de sable.  Puis de créer une petite frise avec des éléments naturels ramassés lors des balades, écorces de bouleau,  tiges de clématite associer le tout avec des boules et autres suspensions blanches.
Danse du frigo au fourneau pour des
amuses bouche avec toast sur pain de seigle et mascarpone au raifort du jardin et saumon fumé par un copain. huîtres en gelée,chantilly au oeufs de saumon. Verine de pipalakass : fromage blanc pomme de terre munster et graines de pavot grillées.(l'idée des verines est empruntée à l'auberge du Chambard à Kaysersberg, mais je rajoute les graines)

 La soupe au maroille, vient en référence à notre traversée de la France à tandem de cet été, et  a été dégustée à Lille, chaleur  onctuosité et puissance même pour ma réinterpretation et un bel accord avec un  vin blanc racines métisses de Laurent Barth.
Cuisiner à Noël, c'est aussi travailler avec des produits d'exception, trois queues de langouste ont été cuites pour l'occasion, le fumet extraordinaire dégagé par le bouillon frémissant a été réservé comme fond de sauce, pour d'autres occasions. Les médaillons de langouste sont allés agrémenter un mélange de salade, des lamelles de pécorino, des étoiles de pain de mie grillées au beurre, quelques tranches de pomme de terre vitelotte et tomates cerise.    

Désosser, farcir et recoudre les cailles, avant de les cuire en papillote a été l'épreuve de finesse manuelle aux fourneaux de ce Noël. Dans la farce : champignon de Paris, échalotes revenus ensemble et escalope de poulet mi-cuite, le tout passé à la moulinette deux fois et additionné presque du même poid en foie gras. Pour accompagner les cailles : une purée originale et de couleur orange faite avec un  mélange de carottes, lentilles corail et curcuma.  
 En dessert, je me suis inspiré de celui servi par la Palette, à Wettolsheim dans un menu sans texte mais avec des surprises en associations osées. Poires chocolat et piment d'espelette, pour une mousse de poire pimentée surmonté de son bonnet et d'une tarte ganache au chocolat noir.
L'infusion fruit de saison pomme orange entière, clémentine épluchée, datte figue et abricot séchés a bouillonné longtemps avec une étoile et de la cannelle aura été, notre boisson découverte de  ce Noël.

Pénélope a réinterprété une oeuvre de Max Klinger, en faisant référence à son  attrait pour la culture japonaise et son voyage là bas
 L'oeuvre de Max Klinger
et celle de Pénélope Holder : le Retour du Japon