La lumière extérieure était filtrée par une sorte de ouate nuageuse, sortir c'était comme se déplacer sous une couette blanche, mais sans la chaleur.
Ici le monde est flou.
Un jeune sapin douglas, nous raccommode une histoire de fil en aiguille, il nous raconterait une histoire d'araignée, au fil givré
Je suis allé voir le grand chêne.
Des souvenirs d'enfance sont remontés : ceux du maréchal ferrant qui officiait encore quelques fois au centre du village. Alain s'en souvient aussi.
Ici au 3 rue des chasseurs, à Illzach, la forge était allumée. Le charbon de terre démarrait sa combustion, le réglage du tirage allait s'affiner.
Pas de musique pour commencer, le bruit vient avec la couleur, ici le rouge du métal.
Je suis donc allé travailler le fer, comme une découverte.
Y mettre les mains, serait plus juste sauf que c'est une pince et un marteau qui les prolongent.
La capacité à se servir d'outil est une des caractéristiques de l'homme.
Me voici donc outillé pour à partir d'un rectangle de fer et carbone, de forger un couteau.
L'établi de cette après midi de travail sera un enclume vénérable, qui répondra aux coups par une action sur l'autre face.
Le beau son de l'enclume ( mais que fait Motorhead ?) remplira une bonne partie de l'après midi.
Je suis accompagné pour ma découverte d'un maitre de forge : Olivier.
Lui aussi va forger deux couteaux pour que je comprenne comment ça marche déformer du métal.
Et c'est parti, il faut forger le métal tant qu'il est chaud. J'ai fait faire à ma pièce des aller-retour entre le foyer et l'enclume. J'avais dis à Olivier que j'étais pas très manuel, mais voilà il a vite compris que j'étais assez marteau, ce qui va bien aussi.
En fin d'après midi, je suis passé à la ponceuse à bande pour préparer l'affutage, comme un aboutissement, je me suis régalé.
L'orgueil de construire son propre couteau, à partir d'un rectangle de métal, faire la lame, la pointe, affiner pour le tranchant, l'arrondi du bout du manche et faire le durcissement par trempage de la partie lame, percer pour les rivets... Voilà j'irai faire le manche aux ateliers partagés de Steinbach, et parfaire l'affutage.
Je proposerai un bourguignon de sanglier pour l'inaugurer.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire