lundi 16 mars 2026

Delphine et les forsythias en fleur

 

Avec les forsythias en fleur, en finir avec la vie…

Déjà rendre le dernier souffle…

Mais ça va beaucoup trop vite !

Delphine, dans la quarantaine rejoint les pages noires de l’inconnu, comme un plongeon dans les mers obscures.

Depuis l’ expulsion de son monde aquatique originel, sa naissance, avec son premier cri respiratoire, avec cette vie d’adulte menée au coté de Guillaume, puis avec la venue de Jules.

Le dernier souffle de Delphine, celui de son départ, vient beaucoup trop tôt. C’est un arrachement !


Ce passage terrestre a pourtant la fulgurance d’un feu d’artifice, les peines et les joies ne s’équilibrent pas, il y a trop d’incomplétude. Une rage déprimante m’envahit, je retiens mes larmes…

Delphine, je t’ai aimé de cette joie désexualisée, qui ont fait de notre rencontre un compagnonnage collaboratif. Ton sens de la synthèse, de l’organisation, vient toujours mettre un titre sur une idée, régule le passage à l’autre idée, recentre, dépouille les égarements, et mes nombreux idiotismes. En groupe nous avons préparé des animations qui sont devenues des fêtes, à destination du village, ou à peine plus modestement entre amis.

Organiser est le mot majeur de ce parcours commun, « organiser le hasard de la rencontre », pour que les personnes présentes, participantes puissent dire j’ai passé un bon moment, j’aurai des nouvelles histoires à raconter. Delphine a bossé pour ce partage, avec une esthétique de la fête, une ambiance, un décor, un déguisement, du travail en cuisine, soutenue d’une vision extraordinaire du bien être de tous, du confort et d’un sens du partage généreux.


Comme c’est violent de devoir faire sien, aussi brusquement avec ce que d’autres nous ont transmis.




Delphine, je trouve que tu as bien intégré Molière qui se demande si la première fonction de l’Homme est de plaire. J’ai aimé tes brefs passages sur le devant de la scène, mais surtout l’immense travail d’organisation, de mise en œuvre pour la réalisation, la répartition des taches, la modération et je l’ai toujours vécu comme un appui à l’engagement.


Delphine tu as souvent été notre première ministre, la dame du faire, du rendre possible..


Je lâche un gros mot, celui que je dis quand je m’enlise.


Je crains la dépression, je crains la dépression de notre collectif associatif, amical. Il est déjà sérieusement mis à l’épreuve par des pertes qui nous submergent, comme une blessure toujours ouverte de la mort. La dépression est elle une tentative de cicatrice à construire ?


Delphine du fait de ta santé fragile, tu as été en difficulté pour intégrer le monde du travail. Mais ta force de vie, ton énergie a été mise au service de ta famille et des autres. Dans les autres il y a notre association, une partie de vie de village, avec des personnes a qui l’ont parle.





J’aimerais que l’on fasse sien ce sens extra ordinaire, vital d’être utile aux autres, au social, merci Delphine.


« Eisbrecher brechen nur das Eis, Eisbrecher brechen keine Hertzen » Nena


Le matériel ne remplacera pas le cœur. Que le cœur soit symbolique, réel ou issu de nos rêves il est porteur de générosité et d’endurance, je te remercie Delphine.


Partager le désarroi de la mort de Delphine et mettre en place des petites choses, pour lui dire notre adieu et parler du vide qu’elle crée dans nos vies autour de nous. Fabriquer une fleur en papier.. Ce moment géant du faire une bricole et de parler et c’est un champ de fleurs qui t’es envoyé.

Je suis désolé de n’avoir pas pu dire ou créer de trace forte de reconnaissance, de ton vivant. 

Elle ne savait pas que j’ai gardé accroché dans mon sous sol encombré une affiche d’atelier « la tambouille des sorcières » qu’elle m’a fabriqué.

Que la force de Delphine soit avec nous




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