lundi 16 février 2026

"et pendant ce temps les anges jouent au baby foot" *

 


Vous êtes mort, c’est comment après ?


Puisque nous sommes à l’atelier d’écriture : il y a des mots imposés : timidité, lac, bleu, un tube de rouge à lèvre.


Ma timidité, je l’avais mise un peu de côté, en me répétant comme une litanie : le courage permet les rencontres, le courage promet les rencontre…

J’avais de drôles de sensations physiques, un peu comme des ratés du cœur.


Il m’avait invité à me promener sur le lac.




J’étais en train de me préparer. Ma robe bleue, je l’avais assortie d’un foulard en soie, c’est toujours beau les foulards de soie dans le vent. J’ai nettoyé mes lunettes de soleil, j’ai eu une sensation de crispation au niveau du cœur et puis d’une décharge électrique. Je n’avais jamais eu cela, cela m’a effrayé. J’ai attendu quelques minutes debout à mon lavabo, je me suis figée. Je me suis effrayée tellement je me suis trouvée pâle, très pâle. Mais quel rouge à lèvre pourrais je bien mettre pour ne pas accentuer ce teint blafard ?

A cette question, je suis allé aux toilettes, sans efforts mes liquides sont sortis, mes solides sont partis je ne maîtrisais rien de mon corps, il m’échappait.

Mon cœur c’est crispé de plus en plus fort, mes yeux sont un peu sortis des orbites. Je suis restée arrêtée sur le trône. Je n’ai pas pu tirer la chasse d’eau, culotte en bas la vie m’a échappée.

J’avais juste réussi à attraper un tube de rouge à lèvre.


Le fossoyeur s’en ai servi pour son activité thanatopractique de rendre présentable mon corps.

Le navigateur qui m’avait invité a accepté de jeter mes cendres dans une promenade sur le lac, un cerf volant bleu, virevoltait dans le ciel.


J’ai rejoint une famille de sittelle torche pot dans ma réincarnation, je cours sur les troncs d'arbres, et je vole.




*Le titre est emprunté à Josiane  JEHLEN  "Jojo" co-animatrice de l'atelier d'écriture du Stein, nous avons écrit le 11 février 2026 et  le prochain rdv le 11 mars à 20h au STEIN à  Steinbach

dimanche 15 février 2026

les lèvres rouges de Betty

 Le caractère germanique de l'opulence à table est souvent éludé par chez nous, où la finesse tient parfois de repas...L'opulence à table m'est aussi amicale, elle me réjouit. Soulever une marmite en fonte, bien lourde, en ouvrir le couvercle humer les vapeurs qui s'échappent, et savoir au premier regard, que l'on a été  gâté que l'on va être rassasié, me met le sourire. La cuisine d'hiver avec du gras, des choses mitonnées et pas trop de scrupules puisque  l'habit cache les plis. La balance reste cachée sous la baignoire, met de la malice dans mon sourire. Cette cuisine décomplexée fait du bien.

Francine Stentz


Dans "des recettes et des hommes", une revue qui m'est très familière  un article sur la création de betteraves rouges en lactofermentation m'avait intéressé. Je suis un mangeur de choucroute Surkrut , mais pas du tout amateur de navet en lactofermentation, les Suriruava. J'ai eu l'occasion de gouter du choux rouge traité en lactofermentation, mais pas d'autres sortes de legumes. J'adore les betteraves rouges, je trouve leur nom moche, mais crue en salade, en croquant, en carpaccio, cuite en gratin à la crème, seule en papillote, même en sorbet, je les aimes.

J'avais pris l'avion pour me rendre dans cette île des Hébrides parce que je l'avais lu dans cette revue, comme si j'étais à mon tour en reportage. Je suis allé là ou une maraichère locale faisait la culture en plein air de betterave rouge, ce qui lui permettait de faire une sorte de choucroute magnifique..

J'étais très sujet au mal de mer, un petit hélicoptère m'a fait faire une balade entre terre et mer, il faisait un bruit d'opéra pour machine à coudre, mais  m'a permis de localiser les champs rouges. Après les Walkyries comme musique dans le casque, pendant le vol.  L'atterrissage fut très rock and roll, je suis descendu blême. Le pilote s'adressait en aparté  à son confrère lui disant que "la cultivatrice de betterave lui redonnera des couleurs"

J'ai minimisé ma transpiration par ce repérage. Je me suis rendu avec facilité auprès de cette culture. J'ai eu la chance d'y rencontrer l'agricultrice en chef, lui ai dit mon intérêt pour les betteraves.

Cette maraichère était sexy, je ne sais pas si j'ai réussi à la faire rougir. Mais elle m'a invité à venir déguster des betteraves confites, façon choux raves et choucroute. En dessert je lui ai fait une crème glacée à la betterave. Je suis parti avec des graines, le  n° de portable de Betty, la prochaine date de sa venue en France pour le salon de " de ..On sème...jusqu'à  la cuisine"  

Sur le sachet de graines j'ai marqué "les lèvres rouges de Betty" sur ma carte de restaurant vous trouverez cette nouvelle appellation pour désigner les betteraves rouges.

Cuisiner avec le sourire participe au bonheur de tous les jours, pour réchauffer le cœur, si en plus on choisit des bons produits, cultivé avec amour, dans le respect de la terre et des corps..

Amis, familles vous disent merci


Texte crée en partie à l'Atelier d'écriture Steinbach exercice: texte libre à partir de la vue d'une toile abstraite,  avec des mots imposés : avion, hélicoptère, opéra, machine à coudre, transpiration, betterave


Francine Stentz

pour continuer sur le thème des betteraves rouges : https://lessablesrouges.blogspot.com/2012/11/trilogie-de-betteraves.html

dimanche 1 février 2026

Comme une inspiration, extension d'après Le Corbusier


Un chœur en étrave de bateau, un toit en vague...sur les hauteurs d'une colline du Jura, une chapelle singulière avec un style épuré. Elle est à la frontière entre village, champs et zone naturelle. J'aime bien l'idée que les créations de Le Corbusier aient fait des petits, une sorte de reconnaissance et prolongation de son œuvre architecturale, ici en Suisse.

Mormont en Suisse, chapelle Saint Nicolas de Flüe


Des mosaïques qui deviennent des vitraux une fois dedans, la lumière entre par cette peau...


Des ouvertures à partir de sorte de "conduits en béton" certain me semblent préfabriqués. Ils  captent la lumière à des angles- moments différents. La dalle de verre plus ou moins reculée, plus ou moins inclinée, la restitue. Chaque ouverture est solitaire et l'ensemble est flamboyant. La restitution de cette la lumière colorées joue elle aussi des angles et des  biseaux  de ces "puits-conduits". La diversité est manifeste.

J'ai adoré ce travail de colorisation de la lumière qui éclaire cette chapelle habillée de blanc. André Brechet met du sourire à cette lumière. Un rideau de nuances de bleu accompagne mon entrée. Je me tourne vers la source et découvre les 3 mosaïques-vitraux  de cette chapelle, elles racontent une histoire, comme  trois tableaux qui  forment une belle unité.  

Notre pique nique est agrémenté d'un sauce chien :des légumes coupés en tout petit et du piment, des couleurs et du feu, dans le croquant de la salade . Un rayon de soleil, et de magnifiques nuages, nous ont réjouis. 
La suite, de notre ballade est  à Porrentruy, nous contournons un rond point qui accueille un dinosaure ! Celui ci  a du mal à y être contenu tant il est géant ! Les automobiles n'ont qu'à bien se tenir.  en arrivant nous traverserons le parc botanique, à pied, avant de chercher les vitraux suivants..


Assis sur un banc, nous ne sommes jamais solitaire, l'esprit de la forêt est aussi venu s'assoir à coté de Francine. 

Courbes et contre courbes, et de la couleur rouge toujours présente, nous sommes passé de l'église centrale, à la chapelle de l'hôpital. J'ai aimé que les esquisses soient affichées, avant de voir la réalisation en dalle de verre depuis l'intérieur.

esquisse taille réelle, Jean François Comment


Une laie et quatre marcassins sur un pont en pleine ville, les sangliers envahissent-ils aussi Porrentruy ? De retour ici, l'un de mes voisins s'interroge : "Je ne comprends pas pourquoi au pays d'Obélix il y a autant de sanglier " 

dimanche 25 janvier 2026

Les poireaux sur le sac à dos

vue sur la mer
Les hauteurs vosgiennes nous accueillent. Sur la crête, la voiture est garée et nous quittons ce monde encore fortement guidé par la conduite automobile. La mer de nuage est en dessous de nous.  Nos sacs à dos sont bien calés, bien chargés. Nous emmenons de quoi assurer un peu de confort personnel  et aussi du confort alimentaire. Dès les premiers pas nous nous déconnectons de la civilisation.
 Les poireaux rangés en fagot, et visible sur le haut du sac à dos,  font de Jules notre porte étendard.  Une heure de marche pour rejoindre le refuge.

Des étendues de ciel bleu s'offrent à nous. Nous nous sommes extraits du gris. Nous emmagasinons des rayons de soleil, cette lumière nous donne le sourire.
La neige parsème chichement quelques zones exposées, les versants à l'ombre sont  un peu mieux garnis. La hêtraie d'altitude s'éclaircit par une prairie, et cachée parmi les arbres, une construction rustique et isolée. Des sculptures de personnages satiriques, proposent un lien entre l'imaginaire et le réel.
Le refuge est chauffé, depuis une journée déjà, et c'est une transition agréable malgré la buée sur les lunettes.
 


La préparation de la soupe, va  rassembler et liquider les legumes emportés pour  les mettre en cuisson douce, une soupe mijotée pour le repas du lendemain  midi.
Repas et jeux de société,  voilà  le programme des festivités, et le lendemain randonnée. Un beau circuit avec comme  destination le col du Haag, se propose  à nous.  Le festival gastronomique des fourneaux à bois fait salon ce dimanche avec cette soupe de refuge***
La beauté sauvage des hauteurs, et la magie des moments partagés nous ont régalés.


lundi 19 janvier 2026

une rencontre fortuite

Dans notre salle de bain,  deux araignées se sont approchées..
C'est une ascèse ?

La lumière extérieure était filtrée par une sorte de ouate nuageuse, sortir c'était comme se déplacer sous une couette blanche, mais sans la chaleur.

Ici le monde est flou.
 

Le long du chemin caillouteux qui me mène à la foret, les tiges de cardères résistent bien.

Très rapidement en foret, je quitte les sentiers  tracées, pour mon propre chemin. Je croise alors  de nouvelles signatures d'arbres. Un grand chêne a conservé les branches de sa jeunesse.
Un jeune sapin douglas, nous raccommode une histoire de fil en aiguille, il nous raconterait une histoire d'araignée, au fil givré 
Je suis allé voir le grand chêne.

De la foret à la forge..

Des souvenirs d'enfance sont remontés : ceux du maréchal ferrant qui officiait encore quelques fois au centre du village. Alain s'en souvient aussi.
Ici au 3 rue des chasseurs, à Illzach, la forge est allumée. Le charbon de terre démarrait sa combustion, le réglage du tirage allait s'affiner.
Pas de musique pour commencer, le bruit vient avec la couleur, ici le rouge du métal.
Je suis donc allé travailler le fer, comme une découverte. 
Y mettre les mains, serait plus juste, sauf que c'est une pince et un marteau qui les  prolongent.
La capacité à se servir d'outil est une des caractéristiques de l'homme.
Me voici donc outillé, et à partir d'un  rectangle de fer enrichi au carbone, pour forger un couteau.
L'établi de cet après-midi de travail sera un vénérable enclume. Il répondra aux coups par une action sur l'autre face. 
Le beau son de l'enclume ( mais que fait Motorhead ?) remplira une bonne partie de l'après midi.
Je suis accompagné, guidé pour cette découverte d'un maitre de forge : Olivier. 
Lui aussi va forger deux couteaux pour que je comprenne comment ça marche déformer du métal.
Forgeons le fer tant qu'il est chaud. J'ai fait faire à ma pièce de nombreux  aller-retour entre  foyer et enclume.
J'avais dit à Olivier que j'étais pas très manuel, mais voilà il a vite compris que j'étais assez marteau, ce qui va bien aussi.
En fin d'après midi, je suis passé à la ponceuse à bande pour préparer l'affutage, comme un aboutissement, je me suis régalé.
L'orgueil de construire mon propre couteau, est né sur l'enclume d'abord pour allonger affiner  la lame.
Puis former la pointe,  préparer le tranchant, arrondir le bout qui formera le manche.
Rendre l'acier plus dur par trempage et percer pour les rivets...
Voilà j'irai faire le manche en bois aux ateliers partagés de Steinbach, et encore  parfaire l'affutage.
Je me vois bien  proposer un bourguignon de sanglier pour l'inaugurer.

Le soir Roméo et Léandre ont choisit : Le géant  de Zéralda comme histoire, c'est une histoire d'ogre. Papy regarde : "Il a le même couteau que toi..."

Ce texte contient un jeux de mots à deux fois huit pattes, lié aux araignées

vendredi 2 janvier 2026

Saupoudrage de neige

La lumière du matin était plus forte. Je me suis levé dans un silence agréable.

J'ai fait ronronné le feu. La neige a recouvert d'une fine pellicule les fenêtres que nous avons sur le monde. Le journal n'est pas arrivé.

Du thé, des petites pommes rouges, des fruits secs, un yaourt... et des chaussures de montagne. Direction le Wolfkopf, dans le petit vallon les escarpements rocheux, forment sur leurs crêtes un jardin à fougère. Je rejoins la pelouse sèche et retrouve les peucédans, leurs silhouettes gracieuses même sans feuillages vaporeux.   
 

Des que la densité de la chênaie me permet de déterminer une trajectoire hors piste, je coupe avec un dénivelé important. Mes chênes fétiches sont atteints au prix d'une ascension sportive.    




Je descendrai par une pente plus douce. Les chemins d'exploitation forestière m'iront bien. Mais les flaques glacées cachées par la neige, m'ont fait sentir le contact avec le sol.



Les glaçons de l'Ertzenbach se sont construits en stalagmite et en stalactite. L'art de l'eau,

fait rêver. 



Pour continuer les rêves au chaud
Des poissons moulés en cristal sont au musée de l'eau à Wattwiller

Le chant des forêts le film de Vincent Munier est projeté au cinéma, l'affluence importante  peut retarder cette  vision de la nature en grandiose. La montée au Wolfkopf  à pied est plus tranquille en terme d'affluence.