dimanche 25 janvier 2026

Les poireaux sur le sac à dos

vue sur la mer
Les hauteurs vosgiennes nous accueillent. Sur la crête, la voiture est garée et nous quittons ce monde encore fortement guidé par la conduite automobile. La mer de nuage est en dessous de nous.  Nos sacs à dos sont bien calés, bien chargés. Nous emmenons de quoi assurer un peu de confort personnel  et aussi du confort alimentaire. Dès les premiers pas nous nous déconnectons de la civilisation.
 Les poireaux rangés en fagot, et visible sur le haut du sac à dos,  font de Jules notre porte étendard.  Une heure de marche pour rejoindre le refuge.

Des étendues de ciel bleu s'offrent à nous. Nous nous sommes extraits du gris. Nous emmagasinons des rayons de soleil, cette lumière nous donne le sourire.
La neige parsème chichement quelques zones exposées, les versants à l'ombre sont  un peu mieux garnis. La hêtraie d'altitude s'éclaircit par une prairie, et cachée parmi les arbres, une construction rustique et isolée. Des sculptures de personnages satiriques, proposent un lien entre l'imaginaire et le réel.
Le refuge est chauffé, depuis une journée déjà, et c'est une transition agréable malgré la buée sur les lunettes.
 


La préparation de la soupe, va  rassembler et liquider les legumes emportés pour  les mettre en cuisson douce, une soupe mijotée pour le repas du lendemain  midi.
Repas et jeux de société,  voilà  le programme des festivités, et le lendemain randonnée. Un beau circuit avec comme  destination le col du Haag, se propose  à nous.  Le festival gastronomique des fourneaux à bois fait salon ce dimanche avec cette soupe de refuge***
La beauté sauvage des hauteurs, et la magie des moments partagés nous ont régalés.


lundi 19 janvier 2026

une rencontre fortuite

Dans notre salle de bain,  deux araignées se sont approchées..
C'est une ascèse ?

La lumière extérieure était filtrée par une sorte de ouate nuageuse, sortir c'était comme se déplacer sous une couette blanche, mais sans la chaleur.

Ici le monde est flou.
 

Le long du chemin caillouteux qui me mène à la foret, les tiges de cardères résistent bien.

Très rapidement en foret, je quitte les sentiers  tracées, pour mon propre chemin. Je croise alors  de nouvelles signatures d'arbres. Un grand chêne a conservé les branches de sa jeunesse.
Un jeune sapin douglas, nous raccommode une histoire de fil en aiguille, il nous raconterait une histoire d'araignée, au fil givré 
Je suis allé voir le grand chêne.

De la foret à la forge..

Des souvenirs d'enfance sont remontés : ceux du maréchal ferrant qui officiait encore quelques fois au centre du village. Alain s'en souvient aussi.
Ici au 3 rue des chasseurs, à Illzach, la forge est allumée. Le charbon de terre démarrait sa combustion, le réglage du tirage allait s'affiner.
Pas de musique pour commencer, le bruit vient avec la couleur, ici le rouge du métal.
Je suis donc allé travailler le fer, comme une découverte. 
Y mettre les mains, serait plus juste, sauf que c'est une pince et un marteau qui les  prolongent.
La capacité à se servir d'outil est une des caractéristiques de l'homme.
Me voici donc outillé, et à partir d'un  rectangle de fer enrichi au carbone, pour forger un couteau.
L'établi de cet après-midi de travail sera un vénérable enclume. Il répondra aux coups par une action sur l'autre face. 
Le beau son de l'enclume ( mais que fait Motorhead ?) remplira une bonne partie de l'après midi.
Je suis accompagné, guidé pour cette découverte d'un maitre de forge : Olivier. 
Lui aussi va forger deux couteaux pour que je comprenne comment ça marche déformer du métal.
Forgeons le fer tant qu'il est chaud. J'ai fait faire à ma pièce de nombreux  aller-retour entre  foyer et enclume.
J'avais dit à Olivier que j'étais pas très manuel, mais voilà il a vite compris que j'étais assez marteau, ce qui va bien aussi.
En fin d'après midi, je suis passé à la ponceuse à bande pour préparer l'affutage, comme un aboutissement, je me suis régalé.
L'orgueil de construire mon propre couteau, est né sur l'enclume d'abord pour allonger affiner  la lame.
Puis former la pointe,  préparer le tranchant, arrondir le bout qui formera le manche.
Rendre l'acier plus dur par trempage et percer pour les rivets...
Voilà j'irai faire le manche en bois aux ateliers partagés de Steinbach, et encore  parfaire l'affutage.
Je me vois bien  proposer un bourguignon de sanglier pour l'inaugurer.

Le soir Roméo et Léandre ont choisit : Le géant  de Zéralda comme histoire, c'est une histoire d'ogre. Papy regarde : "Il a le même couteau que toi..."

Ce texte contient un jeux de mots à deux fois huit pattes, lié aux araignées

vendredi 2 janvier 2026

Saupoudrage de neige

La lumière du matin était plus forte. Je me suis levé dans un silence agréable.

J'ai fait ronronné le feu. La neige a recouvert d'une fine pellicule les fenêtres que nous avons sur le monde. Le journal n'est pas arrivé.

Du thé, des petites pommes rouges, des fruits secs, un yaourt... et des chaussures de montagne. Direction le Wolfkopf, dans le petit vallon les escarpements rocheux, forment sur leurs crêtes un jardin à fougère. Je rejoins la pelouse sèche et retrouve les peucédans, leurs silhouettes gracieuses même sans feuillages vaporeux.   
 

Des que la densité de la chênaie me permet de déterminer une trajectoire hors piste, je coupe avec un dénivelé important. Mes chênes fétiches sont atteints au prix d'une ascension sportive.    




Je descendrai par une pente plus douce. Les chemins d'exploitation forestière m'iront bien. Mais les flaques glacées cachées par la neige, m'ont fait sentir le contact avec le sol.



Les glaçons de l'Ertzenbach se sont construits en stalagmite et en stalactite. L'art de l'eau,

fait rêver. 



Pour continuer les rêves au chaud
Des poissons moulés en cristal sont au musée de l'eau à Wattwiller

Le chant des forêts le film de Vincent Munier est projeté au cinéma, l'affluence importante  peut retarder cette  vision de la nature en grandiose. La montée au Wolfkopf  à pied est plus tranquille en terme d'affluence.