Dans notre salle de bain, deux araignées se sont approchées..
C'est une ascèse ?
La lumière extérieure était filtrée par une sorte de ouate nuageuse, sortir c'était comme se déplacer sous une couette blanche, mais sans la chaleur.
Ici le monde est flou.
Le long du chemin caillouteux qui me mène à la foret, les tiges de cardères résistent bien.
Très rapidement en foret, je quitte les sentiers tracées, pour mon propre chemin. Je croise alors de nouvelles signatures d'arbres. Un grand chêne a conservé les branches de sa jeunesse.
Un jeune sapin douglas, nous raccommode une histoire de fil en aiguille, il nous raconterait une histoire d'araignée, au fil givré
Je suis allé voir le grand chêne.
De la foret à la forge..
Des souvenirs d'enfance sont remontés : ceux du maréchal ferrant qui officiait encore quelques fois au centre du village. Alain s'en souvient aussi.
Ici au 3 rue des chasseurs, à Illzach, la forge est allumée. Le charbon de terre démarrait sa combustion, le réglage du tirage allait s'affiner.
Pas de musique pour commencer, le bruit vient avec la couleur, ici le rouge du métal.
Je suis donc allé travailler le fer, comme une découverte.
Y mettre les mains, serait plus juste, sauf que c'est une pince et un marteau qui les prolongent.
La capacité à se servir d'outil est une des caractéristiques de l'homme.
Me voici donc outillé, et à partir d'un rectangle de fer enrichi au carbone, pour forger un couteau.
L'établi de cet après-midi de travail sera un vénérable enclume. Il répondra aux coups par une action sur l'autre face.
Le beau son de l'enclume ( mais que fait Motorhead ?) remplira une bonne partie de l'après midi.
Je suis accompagné, guidé pour cette découverte d'un maitre de forge : Olivier.
Lui aussi va forger deux couteaux pour que je comprenne comment ça marche déformer du métal.
Forgeons le fer tant qu'il est chaud. J'ai fait faire à ma pièce de nombreux aller-retour entre foyer et enclume.
J'avais dit à Olivier que j'étais pas très manuel, mais voilà il a vite compris que j'étais assez marteau, ce qui va bien aussi.
En fin d'après midi, je suis passé à la ponceuse à bande pour préparer l'affutage, comme un aboutissement, je me suis régalé.
L'orgueil de construire mon propre couteau, est né sur l'enclume d'abord pour allonger affiner la lame.
Puis former la pointe, préparer le tranchant, arrondir le bout qui formera le manche.
Rendre l'acier plus dur par trempage et percer pour les rivets...
Voilà j'irai faire le manche en bois aux ateliers partagés de Steinbach, et encore parfaire l'affutage.
Je me vois bien proposer un bourguignon de sanglier pour l'inaugurer.
Le soir Roméo et Léandre ont choisit : Le géant de Zéralda comme histoire, c'est une histoire d'ogre. Papy regarde : "Il a le même couteau que toi..."
Ce texte contient un jeux de mots à deux fois huit pattes, lié aux araignées